RASTA DE FRANCE
Bienvenue à toi à Babylon!
Heureux de te retrouver ici!

Ce site est le site officiel de l'association:

RASTA DE FRANCE
Association loi 1901 de:
-culture
-prévention
-évènementiels

Contact: M. Jérémy BAUDUIN et M. Antoine RENARD
-tél: 06 45 24 49 08

www.rastadefrance.brulant.net




RDV 24H/24H dans l'univers de: "La COOL attitude débarque en France"!
Merci à


Contacts
Chaîne TV
Moteurs boost








Marque-page social

Marque-page social digg  Marque-page social delicious  Marque-page social reddit  Marque-page social stumbleupon  Marque-page social slashdot  Marque-page social yahoo  Marque-page social google  Marque-page social blogmarks  Marque-page social live      


widget


Conservez et partagez l'adresse de RASTA DE FRANCE sur votre site de social bookmarking, votre forum ou votre blog!!

Ce forum est offert par:
SARL CABINET CTM
Cabinet de consulting
VIADEO RECORDING:






Conservez et partagez l'adresse de RASTA DE FRANCE sur votre site de social bookmarking

Flux RSS


Yahoo! 
MSN 
AOL 
Netvibes 
Bloglines 


Derniers sujets
» Cuckolding
Lun 3 Fév - 9:49 par SNIPPER02

» Candaulisme
Lun 3 Fév - 9:49 par SNIPPER02

» Mélangisme
Lun 3 Fév - 9:48 par SNIPPER02

» Échangisme
Lun 3 Fév - 9:47 par SNIPPER02

» zoophilie
Lun 3 Fév - 9:46 par SNIPPER02

» Voyeurisme/voyeurism
Lun 3 Fév - 9:46 par SNIPPER02

» Urolagnie
Lun 3 Fév - 9:46 par SNIPPER02

» Transsexualisme/ transsexualism
Lun 3 Fév - 9:45 par SNIPPER02

» Syndrome de Clérambault-Kandinsky
Lun 3 Fév - 9:45 par SNIPPER02

» Stigmatophilie
Lun 3 Fév - 9:44 par SNIPPER02

» Somnophilie
Lun 3 Fév - 9:44 par SNIPPER02

» Sodomie/buggery
Lun 3 Fév - 9:43 par SNIPPER02

» Scopophilie
Lun 3 Fév - 9:43 par SNIPPER02

» Satyriasis/satyriasis
Lun 3 Fév - 9:43 par SNIPPER02

» Sadism/sadisme
Lun 3 Fév - 9:42 par SNIPPER02

» Pictophilie
Lun 3 Fév - 9:42 par SNIPPER02

» Perversion sexuelle/sexual perversion
Lun 3 Fév - 9:41 par SNIPPER02

» Perversion
Lun 3 Fév - 9:41 par SNIPPER02

» Pervers
Lun 3 Fév - 9:41 par SNIPPER02

» Pédophilie/Pedophilia
Lun 3 Fév - 9:40 par SNIPPER02

» pédérastie/Pederasty
Lun 3 Fév - 9:40 par SNIPPER02

» Paraphilie
Lun 3 Fév - 9:39 par SNIPPER02

» Ondinisme
Lun 3 Fév - 9:39 par SNIPPER02

» Nymphomanie
Lun 3 Fév - 9:38 par SNIPPER02

» Nécrophilie
Lun 3 Fév - 9:38 par SNIPPER02

» Mysophilie
Lun 3 Fév - 9:38 par SNIPPER02

» Mésomorphophilie
Lun 3 Fév - 9:37 par SNIPPER02

» Masochisme
Lun 3 Fév - 9:37 par SNIPPER02

» Inceste
Lun 3 Fév - 9:36 par SNIPPER02

» Hybristophilie
Lun 3 Fév - 9:36 par SNIPPER02

» Gérontophilie
Lun 3 Fév - 9:35 par SNIPPER02

» Frotteurism/frotteurisme
Lun 3 Fév - 9:35 par SNIPPER02

» Fornicophilie
Lun 3 Fév - 9:35 par SNIPPER02

» Fétichisme Amoureux
Lun 3 Fév - 9:34 par SNIPPER02

» Fetichism/fétichisme
Lun 3 Fév - 9:34 par SNIPPER02

» Fantasme
Lun 3 Fév - 9:33 par SNIPPER02

» Exhibitionism exhibitionnisme
Lun 3 Fév - 9:33 par SNIPPER02

» Érotophonophilie
Lun 3 Fév - 9:33 par SNIPPER02

» Éphèbophilie
Lun 3 Fév - 9:32 par SNIPPER02

» Éonisme
Lun 3 Fév - 9:32 par SNIPPER02

» Ectomorphophilie
Lun 3 Fév - 9:32 par SNIPPER02

» Coprophilia/coprophilie
Lun 3 Fév - 9:31 par SNIPPER02

» Coprophémie
Lun 3 Fév - 9:31 par SNIPPER02

» Cathéterophilie
Lun 3 Fév - 9:30 par SNIPPER02

» Bisexualité
Lun 3 Fév - 9:30 par SNIPPER02

» Baubophilie
Lun 3 Fév - 9:29 par SNIPPER02

» Autogynéphilie
Lun 3 Fév - 9:29 par SNIPPER02

» Autoassassinophilie
Lun 3 Fév - 9:28 par SNIPPER02

» Autoagonistophilie
Lun 3 Fév - 9:28 par SNIPPER02

» Asphyxiophilie (Asphysie autoérotique)
Lun 3 Fév - 9:27 par SNIPPER02

» Apotemnophilie
Lun 3 Fév - 9:27 par SNIPPER02

» Algolagnie/algophilie
Lun 3 Fév - 9:27 par SNIPPER02

» Acrotomophilie
Lun 3 Fév - 9:26 par SNIPPER02

» Abasiophilie
Lun 3 Fév - 9:26 par SNIPPER02

» NELSON MANDELA Leader spirituel RASTA DE FRANCE
Lun 20 Jan - 15:21 par SNIPPER02

» KÉTAMINE
Lun 20 Jan - 14:26 par SNIPPER02

» LSD
Lun 20 Jan - 14:26 par SNIPPER02

» HÉROÏNE
Lun 20 Jan - 14:25 par SNIPPER02

» MÉDICAMENT PSYCHOACTIF
Lun 20 Jan - 14:25 par SNIPPER02

» ECSTASY
Lun 20 Jan - 14:24 par SNIPPER02

» TABAC
Lun 20 Jan - 14:24 par SNIPPER02

» ALCOOL
Lun 20 Jan - 14:23 par SNIPPER02

» COCAÏNE
Lun 20 Jan - 14:22 par SNIPPER02

» CANNABIS
Lun 20 Jan - 14:22 par SNIPPER02

» 21 JUIN - Chaque année - Fête de la musique à Château-Thierry
Lun 20 Jan - 14:17 par SNIPPER02

» 20 JUIN - Chaque année - Fête de la musique à Château-Thierry
Lun 20 Jan - 14:13 par SNIPPER02

» Drogues et santé
Sam 18 Jan - 11:39 par SNIPPER02

» Drogues et toxicomanie
Sam 18 Jan - 11:37 par SNIPPER02

» Adolescence et Prévention
Sam 18 Jan - 11:31 par SNIPPER02

» DROGUE - Législation
Sam 18 Jan - 11:27 par SNIPPER02

» DROGUE - Histoire
Sam 18 Jan - 11:24 par SNIPPER02

» DROGUE - Classement
Sam 18 Jan - 11:23 par SNIPPER02

» DROGUE - Définition
Sam 18 Jan - 11:22 par SNIPPER02

» DOB
Sam 18 Jan - 11:20 par SNIPPER02

» KETAMINE
Sam 18 Jan - 11:20 par SNIPPER02

» GHB ou "Fille facile"
Sam 18 Jan - 11:19 par SNIPPER02

» Ecstasy (3,4-méthylène-dioxyméthamphétamine)
Sam 18 Jan - 11:18 par SNIPPER02

» Phencyclidine
Sam 18 Jan - 11:17 par SNIPPER02

» Talwin (pentazocine)
Sam 18 Jan - 11:17 par SNIPPER02

» Dilaudid (hydromorphone) & Percodan (oxycodone)
Sam 18 Jan - 11:16 par SNIPPER02

» Méthadone
Sam 18 Jan - 11:16 par SNIPPER02

» Péthidine
Sam 18 Jan - 11:15 par SNIPPER02

» Huile de Haschich
Sam 18 Jan - 11:15 par SNIPPER02

» Haschich
Sam 18 Jan - 11:15 par SNIPPER02

» Marihuana (Marijuana)
Sam 18 Jan - 11:14 par SNIPPER02

» Cocaïne
Sam 18 Jan - 11:14 par SNIPPER02

» Codéine
Sam 18 Jan - 11:13 par SNIPPER02

» Héroïne
Sam 18 Jan - 11:13 par SNIPPER02

» Morphine
Sam 18 Jan - 11:12 par SNIPPER02

» Opium
Sam 18 Jan - 11:12 par SNIPPER02

» DROGUE - Prévention
Sam 18 Jan - 11:11 par SNIPPER02

» ALCOOL - Prévention
Sam 18 Jan - 11:05 par SNIPPER02

» PETER TOSH leader artistique RASTA DE FRANCE
Ven 17 Jan - 15:51 par SNIPPER02

» BOB MARLEY Leader politique RASTA DE FRANCE
Ven 17 Jan - 15:44 par SNIPPER02

» Musée Jean de La Fontaine
Ven 17 Jan - 15:34 par SNIPPER02

» U1 STUD
Ven 17 Jan - 15:31 par SNIPPER02

» CABINET CTM partenaire officiel
Ven 17 Jan - 15:29 par SNIPPER02

» Préfecture française de RASTA DE FRANCE
Ven 17 Jan - 15:26 par SNIPPER02

» Capitale française de RASTA DE FRANCE
Ven 17 Jan - 15:23 par SNIPPER02

Ceux qui commencent le plus de sujets
SNIPPER02
 

Les posteurs les plus actifs de la semaine

Les posteurs les plus actifs du mois

Qui est en ligne ?
Il y a en tout 1 utilisateur en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 1 Invité

Aucun

[ Voir toute la liste ]


Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 66 le Sam 8 Oct - 8:52

Drogues et toxicomanie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

18012014

Message 

Drogues et toxicomanie




Source
Cet article est tiré de la revue "Santé Magazine", numéro 340 d'avril 2004.
Il est écrit par Thierry Roussillon et est suivi d'une interview du Docteur Léon Hovnanian, Président du Comité National d'Information sur la Drogue (CNID).
Dans un monde souvent complaisant à l'égard du "joint", notre enquête pour démêler le vrai du faux. Pour protéger les jeunes et pour aider les parents.
Les jeunes Français n'ont jamais consommé autant de cannabis. En 1999, 59 % des garçons et 43 % des filles de 18 ans déclaraient avoir déjà fumé du cannabis. Aujourd'hui, les jeunes Français sont ceux qui en consomment le plus en Europe.
Cela signifie que cette drogue fait partie de la vie quotidienne des adolescents et des jeunes adultes, et que sa consommation est devenue préoccupante chez les jeunes. Lesquels commencent à fumer de plus en plus tôt. Initiés entre 11 et 14 ans, ils sont 80 % à avoir essayé un joint à 15/18 ans !

Cette banalisation du cannabis chez les jeunes s'accompagne d'un discours complaisant à l'égard des drogues en général, et du cannabis en particulier.
Nombreux sont les hommes politiques, les artistes ou les personnalités médiatiques qui reconnaissent consommer - ou avoir consommé - du "shit". Un certain nombre de chansons, écoutées par les jeunes, font d'ailleurs référence au "pétard". Les feuilletons populaires abordent le sujet, la plupart du temps selon un mode humoristique.
Le fumeur de joint est toujours présenté comme un type cool, un peu décalé, adepte d'un mode de vie alternatif et sans contrainte. Comme si un "cône" était l'équivalent moderne d'une cigarette ou d'un verre de vin !
Car c'est bien le message que les partisans de la dépénalisation du cannabis ont réussi à faire passer dans l'opinion. Selon eux, les effets du cannabis seraient moins nocifs que ceux du tabac ou de l'alcool (qui sont d'ailleurs interdits aux moins de 16 ans).
Apathie, troubles de la mémoire, démotivation …..
Pourtant, il suffit d'avoir consommé du cannabis une fois dans sa vie pour savoir que ses effets n'ont rien à voir avec ceux d'une cigarette. Le tabac n'altère pas la concentration et l'abus de cigarettes n'empêche pas de conduire. Un lycéen qui fume une "clope" avant d'aller en classe pourra suivre son cours sans problème. C'est moins évident pour le cannabis, dont l'usage régulier provoque apathie, démotivation, et affecte la mémoire et les capacités d'assimilation intellectuelle.

Certes, un tabagisme régulier peut, à plus ou moins long terme, provoquer des cancers. Mais le cannabis aussi est cancérigène.
Comme le rappelle Damien Meerman, directeur d'un site Internet d'information sur les drogues (www. drogue-danger-debat.org) « un joint contient quatre à cinq fois plus de goudron et de produits toxiques qu'une cigarette. Un seul joint équivaut donc à quatre ou cinq cigarettes avec filtre. De plus, son mode de consommation (inhalation profonde et prolongée) peut induire des lésions plus périphériques et plus importantes. » C'est ainsi que « l'usage quotidien du "joint" (cinq à dix par jour) peut déclencher, en un an, des sinusites et bronchites chroniques qu'un fumeur qui consomme vingt à quarante cigarettes par jour connaîtra en cinq à dix ans. Sa toxicité pulmonaire est donc très supérieure à celle du tabac, et les risques d'infarctus du myocarde sont considérablement accrus. »

Avec des effets comparables à ceux de l'alcool (temps de réaction allongé, capacité amoindrie de contrôle de trajectoire, mauvaise appréciation du temps et de l'espace, réponses perturbées en situation d'urgence), le cannabis est impliqué dans de nombreux accidents de la circulation.
Les conclusions d'une récente étude du Dr Patrick Mura, toxicologue, ont permis de montrer que « chez les moins de 27 ans, la fréquence des accidents était multipliée par 2,5 avec le cannabis seul, cette fréquence augmentant à 4,8 avec l'alcool associé au cannabis. » En outre, l'alcool s'élimine pour moitié en six heures alors que la demi-vie du cannabis dans l'organisme est de quatre à six jours. Et, surtout, un joint est toujours fumé pour l'ivresse qu'il procure, contrairement à un verre de vin, par exemple, dont on pourra apprécier le goût, sans chercher à s'enivrer.
Être « accro », c’est s’isoler du monde et des autres
Le cannabis d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec le "joint" que l'on fumait dans les années soixante-dix. « La teneur en delta 9 THC principe psychoactif du cannabis, est désormais de 20 à 30 %, au lieu de 2 à 4 % hier : En une génération, elle a été multipliée par cinq ou six », explique le Dr Léon Hovnanian, président du Comité national d'information sur la drogue (lire l'interview ci-après).

Or, cette molécule toxique se fixe dans le cerveau et peut, selon une expertise de l'Inserm, provoquer "des troubles du langage et de la coordination (...], des attaques de panique et des angoisses de dépersonnalisation".

En outre, il existe "un trouble psychotique propre à la consommation de cannabis : la psychose cannabique. Elle se manifeste par des signes proches de ceux des bouffées délirantes aiguës, avec une plus grande fréquence des hallucinations, en particulier visuelles."

Bien sûr, tous les fumeurs de cannabis n'ont pas les mêmes réactions. Mais si certains arrivent à gérer leur consommation, d'autres deviennent "accros" au point que la drogue représente un handicap dans la poursuite de leurs études et dans leurs relations amicales ou familiales.
Ainsi, chaque année, 45 000 nouveaux jeunes deviennent dépendants. Une dépendance qui conduit à une spirale de l'échec (scolaire ou professionnel), et peut mener jusqu'à une exclusion sociale.

Face à tous ces problèmes, deux points de vue s'opposent. Certains réclament plus de sévérité, notamment vis-à-vis des trafiquants. D'autres estiment que l'on ne peut lutter contre la drogue, et qu'il faut gérer "les risques" et faire avec elle, plutôt que de lutter contre elle. Ce qui revient à dire "défoncez-vous si vous voulez, mais utilisez de bons produits !"

C'est ainsi que l'on voit certains médecins distribuer des cachets d'ecstasy préalablement testés par leurs soins, dans certaines raves parties. Leur présence sur place permet d'assurer les premiers soins, en cas de problème, et de dialoguer avec les jeunes usagers, mais le fait qu'ils acceptent de tester les drogues et délivrent verbalement un permis de se droguer est une façon d'adresser aux participants un message plus qu'ambigu.
Comment être ensuite réceptif aux avertissements concernant le danger des drogues quand on vient d'avaler un cachet d'ecstasy avec l'accord d'un médecin ?
Légaliser ferait augmenter la consommation
Quelques-uns réclament la dépénalisation de la drogue, voire sa légalisation. Arguant ainsi que l'on pourrait alors contrôler la nocivité des produits vendus, tout en soignant mieux les personnes dépendantes. Ils expliquent qu'une distribution contrôlée du cannabis permettrait aussi de mettre fin aux trafics et aux violences.

Autre argument : légalisée, la drogue n'aurait plus ce goût de l'interdit, qui séduit les jeunes adolescents, attirés par la transgression. Mais en est-on si sûr ? La consommation de cannabis est tellement banalisée aujourd'hui que la "fumette" n'est plus vraiment considérée comme transgressive.
L'expérience montre que la dépénalisation ou la légalisation ferait, au contraire, augmenter la consommation. Et que la rationalisation attendue des comportements (du fait même de la disparition de l'interdit) n'aurait pas lieu.

Qui profiterait d’une dépénalisation ? Les trafiquants
Le trafic lui-même ne disparaîtrait pas. Notamment parce que certaines classes d'âge seraient interdites de consommation. Et puis les trafiquants chercheraient évidemment à se reconvertir, proposant des produits cannabiques plus forts ou passant des drogues dites "douces" aux drogues dures, qui feraient ainsi leur apparition aux portes des lycées.

En outre, une libéralisation du cannabis provoquerait de fait la validation du trafic international, car il faudrait bien acheter - et à qui, sinon aux trafiquants ? - le cannabis que l'on aurait le droit de vendre. Évidemment, d'autres produits nocifs sont actuellement librement vendus en France, comme c'est le cas pour le tabac.

Cependant, et comme le rappelle Jean-François Mattei, le ministre de la Santé, "tout le monde sait [...] que si le tabac était une substance sollicitant aujourd'hui son autorisation de mise sur le marché, sachant ce que nous savons sur ses effets délétères sur la santé, l'autorisation lui serait refusée".
Alors, pourquoi recommencer avec le cannabis l'erreur commise autrefois avec le tabac, et qui coûte si cher aujourd'hui en terme de santé publique ?

CANNABIS 10 questions essentielles , interview du docteur Léon Hovnanian
Le président du Comité national d'information sur la drogue répond aux questions que l’on se pose sur le cannabis :

1 Certains prétendent que le cannabis est une drogue douce et sans danger.

Dr Léon Hovnanian : C'est une drogue ou ce n’est pas une drogue. Le terme "drogue douce" est un terme de marketing inventé pour banaliser l’usage du cannabis, "produit d'accroche" aux stupéfiants pour les jeunes.
Le cannabis a les deux caractéristiques d'une drogue :

il crée une dépendance physiologique, c'est-à-dire l'esclavage au produit.
il perturbe le fonctionnement du cerveau avec une altération du raisonnement, de la mémoire et de la volonté, avec des troubles du comportement et la déstructuration de la personnalité.
2 Pourtant, le haschisch n'a jamais tué personne...

Vous oubliez les jeunes qui, chaque semaine, se tuent ou tuent au volant de leur voiture ou de leur moto. Or, le cannabis seul est cause de 14 % des accidents mortels, de 27 % chez les 16 à 35 ans ( Laboratoire Toxlab, statistiques 2003 sur 4 073 accidents).
Et ceux qui meurent d'overdose par héroïne, Subutex... ou de maladies intercurrentes, comme le sida et l'hépatite... car l'escalade vers les autres drogues est une réalité clinique et scientifique.
La "mort sociale" est, elle, encore plus grave : elle exclut, chaque année, 45 000 jeunes, garçons et filles de 15 à 18 ans.

3 Que penser des vertus thérapeutiques du cannabis ?

Quel rapport entre les effets thérapeutiques du cannabis sur un symptôme secondaire de quelques maladies (sida, cancer, sclérose en plaques...) et l'usage toléré du cannabis par les jeunes, au préalable en bonne santé ?
Une étude américaine de 1995 a montré que, même dans ces maladies, les effets positifs du cannabis étaient inférieurs à six autres familles de médicaments déjà sur le marché. Lesquels n'avaient pas les effets secondaires nocifs du cannabis sur le cerveau.

4 Libéraliser le cannabis ne permettrait-il pas d'en réduire la consommation ?

Les Suédois, dès 1970, sur les conseils de leurs psychosociologues, ont cru en la véracité de ce cliché et ont décidé la vente libre du cannabis avec l'assurance qu'ils en contrôleraient ainsi l'usage. Et que, de surcroît, cela réduirait les violences inhérentes au trafic.
Résultat : en 1980, le gouvernement suédois a été confronté à une explosion de la toxicomanie chez les jeunes : 14,7 % de nouveaux "accros" par an et augmentation parallèle de 1a violence. L'usage de la drogue abaisse le seuil de conscience, lève les inhibitions et ouvre la voie à la violence.
Suite à cela, la Suède a adopté la loi la plus répressive d'Europe et 1a mise en oeuvre d'une prévention systématique qui, en quinze ans, a ramené le nombre de cas nouveaux à 3,7 %, soit une diminution significative de 50 %.
Pour mémoire, en 1980, la France était au rythme de 2 % l'an et aujourd'hui de 6 % d'esclaves de la drogue, en plus, chaque année.

5 Pourquoi interdire le cannabis quand la drogue est présente partout dans le monde ?

Il est vrai que, de tout temps, l'homme a eu recours à des produits psychotropes (vins et plantes) pour tricher et essayer d'avoir force, talent et bonheur, sans effort, mais sans y réussir. Mais faut-il baisser les bras, d'autant plus qu'il s'agit aujourd'hui de l'intoxication en masse d'enfants de 11 à 14 ans ? N'est-ce pas le rôle d'adultes responsables d'apprendre aux jeunes que c'est seulement en faisant des efforts qu'ils se construiront un avenir heureux ?
Les jeunes doivent savoir que les drogues n'apportent pas le bonheur, mais le malheur : il n'y a pas de drogués heureux. Les drogues ne donnent pas le talent, mais la déchéance. Elles ne rendent pas libres, mais esclaves.

6 Un fumeur de cannabis est-il forcément un drogué ?

Il n'y a pas d'égalité physiologique devant les produits quels qu'ils soient. Mais il faut savoir que, sur quatre jeunes usagers réguliers de cannabis, un pourra continuer à le faire, sans grand dégât pour sa santé et son avenir; un autre deviendra "accro", exclu de la société. Quant aux deux autres, dont l'évolution sera moins rapide, ils s'arrêteront, en constatant les dégâts chez celui qui est devenu dépendant avant eux.

7 "Tuerait-on" le trafic en légalisant le cannabis ?

La fin de la prohibition de l'alcool aux Etats-Unis, en 1932, a-t-elle supprimé l'alcoolisme et mis fin au développement de la mafia ? Celle-ci se taille une place de plus en plus forte dans le monde : prostitution, drogue, racket en tous genres, avec utilisation de la violence, contrebande du tabac et, depuis plusieurs décennies, invasion de l'économie par l'argent sale des trafics en tous genres.
Si demain on légalise la vente du cannabis, on supprimera dans un premier temps le trafic. Mais ensuite, on pourra constater une augmentation de la consommation du cannabis et une augmentation des troubles de la santé.

8 Quel discours peuvent tenir les parents à leurs enfants ?

Que leur santé est leur bien le plus précieux, et qu'elle est en danger. Ce discours est, bien sûr, à adapter en fonction de leur âge et des acquis récents en ce domaine.
Il faut aussi apprendre aux enfants à dire non aux influences de toutes sortes et ce, dès le plus jeune âge. Il faut également réfuter avec force tous les arguments de banalisation.

9 Et si un jeune ne veut pas arrêter de se droguer ?

S'il prétend qu'il n'est pas dépendant et qu'il peut s'arrêter quand il veut, il faut lui répondre qu'il le démontre en s'arrêtant tout de suite pour un mois. S'il rétorque que, pour le moment, il n'en voit pas l’utilité, il faut essayer de lui faire prendre conscience qu'en fait, il ne le peut pas, car il est déjà esclave et se ment à lui-même.
Il faut surtout savoir que c'est rarement dans un seul dialogue que l'on obtient qu'il s'arrête. Il faut se garder d'élever la voix et toujours bien lui montrer que c'est par amour pour lui que l'on essaie de le guérir. La toxicomanie n'est pas une maladie honteuse, mais une maladie grave dont il est normal qu'un père ou une mère essaie de guérir son enfant, même si celui-ci est administrativement majeur.
II faut être patient, décidé. Le discours doit s'adapter au caractère différent de chaque jeune. Donc il faut d'abord s'informer, ensuite étudier son enfant et le comprendre, non pour accepter son comportement, mais pour l'aider à s'en sortir, avec amour, mais aussi un peu de contrainte, si vous trouvez un moyen de contrainte qui a prise sur lui. Il s'agit d'assistance à un enfant en danger.
Enfin, aimer son enfant, c'est aussi savoir dire non ! Ce n'est pas facile Mais avec du temps, et si le père, la mère et les frères et soeurs font cause commune pour aider celui qui est en difficulté, cela augmente les chances de l'en sortir, notamment en l'isolant de son milieu contaminant et des dealers.

10 Peut-on demander l'aide d'un spécialiste ?

Oui, à la condition qu'il ne vous dise pas que "ce n'est pas grave et qu'un peu de cannabis n'a jamais fait de mal à personne" ou "que le produit n'est pas en cause, mais la maladie, sa famille ou la société".
Dans de rares cas, la psychiatrie est utile mais, dans la majorité des cas, inutile. Dans l'état actuel de nos connaissances en pharmacologie, il n'y a aucun médicament actif et seul le sevrage guérit.

_________________
A votre écoute

Mr Delwak A (alias: SNIPPER02)
-Admin Principal du réseau



Coordonnées:
Mon MSN: snipper02@live.fr
Mon TWEETER: http://twitter.com/#!/SNIPPER02FR
Mon FACEBOOK: http://www.facebook.com/SNIPPER02
avatar
SNIPPER02
Admin
Admin

Serpent
Date d'inscription : 03/05/2011

Communauté rasta
RASTA LAND RASTA LAND: Le clan des Rastas-Hippies
Gothique Land:

Voir le profil de l'utilisateur http://rastadefrance.brulant.net

Revenir en haut Aller en bas

- Sujets similaires
Partager cet article sur : diggdeliciousredditstumbleuponslashdotyahoogooglelive

Drogues et toxicomanie :: Commentaires

avatar

Message le Sam 18 Jan - 11:32  SNIPPER02

Le cannabis remis en question
Article de la revue de presse de la MILDT du 2 Mai 2002

Cosmopolitan consacre plusieurs pages au cannabis et présente une récente enquête sur le cannabis, l'expertise de l'INSERM et les recommandations de l'Académie nationale de médecine qui « met en garde contre toute banalisation ».
51.3% des Français jugent le cannabis « dangereux » tandis que 33% jugent sa consommation régulière « sans danger ». Le cannabis est bien une drogue et 78% des Français le reconnaissent.
Si le cannabis ne détruit pas les neurones il altère les facultés et – « preuves neurobiologiques récentes à l'appui » - il peut provoquer une dépendance.
Aucun décès ne lui a jamais été attribué, mais « c'est sans doute que les études n'ont pas pris en compte ses victimes indirectes : 1000 des 8000 morts annuels sur la route, par exemple ».
La consommation est en constante progression en France : plus d'un jeune Français sur deux a consommé du cannabis au moins une fois, deux fois plus que dix ans auparavant et « plus inquiétant, les consommateurs « réguliers » (d'au moins 20 joints par mois) sont en constante progression, y compris chez les filles».
Le risque de dépendance au cannabis est moindre que pour d'autres drogues mais il est réel pour 10 à 15 % de consommateurs et celle-ci est surtout psychique.
Le Dr Laqueille, psychiatre, explique : « le problème n'est pas tant cette dépendance physique, très discrète que l'envie incoercible de consommer. Or, pour la plupart des gens, sans dépendance physique, il n'y a pas dépendance. Comme pour l'alcool, cette dépendance psychique est sous-estimée par les consommateurs qui, de ce fait, la banalisent ». Pour les spécialistes, c'est une addiction comme les autres sauf que, excepté la polyconsommation, elle amène peu de monde à se faire soigner. Toutefois les comportements changent et le Dr Laqueille mentionne que depuis quelques années de plus en plus de demandes d'aide au sevrage sont présentées spécifiquement pour le cannabis à l'hôpital Sainte-Anne.
Cosmopolitan relève également que « parmi les tentatives de suicide, il y a plus de consommateurs réguliers de cannabis et, parmi les consommateurs de cannabis, nettement plus de suicides que dans la population générale ».
Le THC (principe actif du cannabis) est présent dans des concentrations toujours plus grandes dans les produits consommés et si celui-ci n'est pas considéré comme cancérogène ; la fumée de cannabis l'est. « (…) la concentration en goudrons est 4 fois plus élevée» que pour la fumée du tabac « (en moyenne 50 mg pour un joint, contre 12 mg pour une cigarette de tabac) mais la concentration en cancérogènes (nitrosamines, aldéhydes, benzopyrène, benzantracène …), liée aux produits de coupe – colles, plastiques – est supérieure dans la fumée du cannabis ».
La question du lien entre fumée du cannabis et schizophrénie n'est toujours pas tranchée mais il ressort que les chez les fumeurs de cannabis schizophrènes la psychose apparaît plus tôt et que la prise en charge médicale est moins bien acceptée par les patients. De plus, le cannabis peut provoquer des bouffées délirantes proches des délires schizophréniques.
Enfin, le journal souligne que « une complication trop peu évoquée du cannabis est qu'elle s'accompagne souvent de la consommation d'autres produits. » Pour les épidémiologistes, c'est une population vulnérable et le niveau de consommation est un indicateur de cette fragilité.
En encadré, Cosmopolitan souligne les dangers avérés de la consommation de cannabis au volant : « baisse de vigilance, mauvaise apréciation du temps et de l ‘espace… un joint = 2 verres. Fumer ou conduire, il faut choisir »

Des clés pour l ’analyse : article de la revue de presse de la MILDT du 3 Mai 2002

Dans la revue de presse du 02/05/2002, nous avons consacré une large part de cette dernière à un article paru dans Cosmopolitan du mois de mai 2002.
Aujourd'hui, en regard du manque de clarté de cet article, nous souhaitons apporter les précisions suivantes :

Selon les données de l'expertise collective Inserm sur le cannabis réalisée en 2001 et le dossier de presse y relatif préparé par l'Inserm :

Pour la dépendance au cannabis, physique et psychologique :

« Le manuel diagnostique et statistique de l'Association américaine de psychiatrie la décrit comme n'étant pas, en général, de nature physique. Toutefois un phénomène de tolérance, qui est un des critères diagnostiques de dépendance physique, est observé chez les consommateurs. Il se caractérise par le besoin de quantités notablement plus fortes de substance pour obtenir l'effet recherché. Un syndrome de sevrage, de faible intensité, a également été décrit.
Des études américaines évaluent aux alentours de 5% la proportion de sujets présentant, dans la population générale, un risque de dépendance au cannabis. Dans la population de sujets ayant déjà consommé, ce risque concernerait 10% des personnes. C'est dans la tranche d'âge des 15-24 ans que le risque semble le plus élevé. Par comparaison, et d'après ces mêmes études, ce risque s'élève à un peu plus de 30% parmi les expérimentateurs de tabac. »

Pour la consommation de cannabis et la sécurité routière :

« Certains effets apparaissant dans les heures qui suivent la prise de cannabis sont incompatibles avec la conduite automobile : temps de réaction allongé, capacité amoindrie de contrôle de trajectoire, mauvaise appréciation du temps et de l'espace, et réponses perturbées en situation d'urgence. Des études épidémiologiques entreprises récemment devraient permettre de rendre compte du lien éventuel existant entre usage de cannabis et accidents de la circulation. »

Pour le cannabis et les suicides :

« Les patients présentant certains troubles mentaux sont plus fréquemment consommateurs excessifs de cannabis. Les études trouvent dans les populations cliniques de patients ayant fait une tentative de suicide significativement plus de patients abuseurs de substances psychoactives, dont le cannabis, qu'en population générale. Cette prévalence élevée des tentatives de suicide est souvent associée à l'existence de symptômes dépressifs plus importants. »

Pour les taux de concentration de THC :

« Les teneurs en THC des divers produits consommés (herbe, résine, skunk, pollen) sont très variables. Des concentrations en THC inférieures à 2% sont relativement fréquentes (18% des échantillons pour l'herbe comme pour la résine). Depuis 1996, bien que, d'une façon générale, les teneurs observées dans la majorité des échantillons aient peu évolué (environ 8% pour l'herbe, et 10% pour la résine), sont apparus des échantillons très fortement concentrés en THC, jusqu'à 31% pour la résine et 22% pour l'herbe. En 2000, 3% des échantillons d'herbe et 18% des échantillons de résine analysés, contenaient ainsi plus de 15% de THC. »

Pour les goudrons et le THC :

« L'évaluation du potentiel cancérogène d'un usage régulier de cannabis doit tenir compte de son mode de consommation (associé au tabac ou fumé sous forme de marijuana ) : la quantité de goudrons présents dans la fumée d'une cigarette de cannabis (environ 50mg) est plus élevée que celle que contient une cigarette de tabac (12mg). (…) Les effets brochodilatateur du THC pourraient favoriser la rétention de goudrons au niveau de la bouche, du pharynx, de l'œsophage et du larynx. »

Pour le cannabis et la schizophrénie :

« Certains troubles mentaux peuvent être révélés ou aggravés par la consommation de cannabis. Ceci a été démontré dans le cas de la schizophrénie. Les sujets schizophrènes, lorsqu'ils consomment du cannabis, recourent plus fréquemment aux hospitalisations et présentent plus de risques de passer à l'acte suicidaire. »

Pour le cannabis et les bouffées délirantes :

« Quelques études menées chez des adultes socialement et affectivement bien insérés permettent d'affirmer qu'il existe un trouble psychotique propre à la consommation de cannabis : la psychose cannabique. Elle se manifeste par des signes proches de ceux des bouffées délirantes aiguës ; avec une plus grande fréquence des hallucinations, en particulier visuelles. (…) Un traitement courant par neuroleptique permet de faire disparaître ce syndrome. La fréquence de la psychose cannabique semble faible par rapport au nombre de sujets consommateurs. Elle est estimée à 0,1% dans une étude suédoise. »

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 18 Jan - 11:33  SNIPPER02

Les opiacés
Pavot

Il existe une seule espèce de pavot capable de produire de l'opium, Papaver somniferum, dont on connaît au moins une quarantaine de variétés qui poussent sur tous les continents. Les caractéristiques de certaines d'entre elles sont recherchées en fonction de certains usages : pour les graines, utilisées dans la pâtisserie ou pour faire de l'huile; pour extraire de l'opium destiné à la fabrication de morphine et d'héroïne; pour la fabrication de morphine en partant directement de la paille sèche de pavot et des capsules sèches non incisées...

Papaver somniferum, album, glabrum, et setigerum. Appelé aussi pavot blanc d'Orient. C'est la variété la plus communément cultivée pour l'extraction de l'opium. Les fleurs et les graines sont blanches.
Papaver somniferum nigrum. Dans certaines régions d'Europe et d'Asie, il existe, pour en extraire l'huile et parfois l'opium, des cultures de Papaver somniferum nigrum, dont les fleurs sont d'un rouge violacé et les graines noires.
Cocaïer

Coca Huànuco ou Bolivienne (Erythroxylum coca var. coca) : sa zone géographique s'étend de l'Équateur jusqu'au nord de l'Argentine sur le flanc est de la cordillère des Andes, dans des zones humides, entre 500 et 1500 m, voire 2000 m, dans certaines régions. Cette variété est très prisée pour ses feuilles à "mâcher" (acullicu) mais représente également une part importante de la coca destinée au marché de la cocaïne.
Coca Trujillo (Erythroxylum novogranatense var. truxillense) : plus adaptée à un climat aride, cette variété s'est développée sur la côte Pacifique depuis l'Équateur jusqu'au Chili durant la période des Incas. Actuellement, elle n'est cultivée que sur la côte péruvienne. Les plantations actuelles approvisionnent la firme Coca-Cola, pour environ 700 t par an. En effet, cette variété, peu intéressante pour la production de cocaïne du fait de son contenu plus faible en alcaloïde, connut néanmoins beaucoup de succès au XIXème siècle pour la fabrication de vins et tonics du fait de sa richesse en essences aromatiques.
Coca Colombienne (Erythroxylum novogranatense var. novogranatense) : cette variété supporte des conditions climatiques plus sèches. Elle se cultive dans les vallées centrales des Andes colombiennes et le long de la côte des Caraïbes. Durant la période pré-hispanique, elle s'étendait jusqu'au Venezuela, l'Amérique centrale et les Caraïbes. Elle est désignée sous le nom de hayo et yaat. Le nom khoka qui signifie arbuste en aymara n'a été généralisé à l'ensemble du continent que sous l'empire espagnol. Elle continue à être cultivée et à faire l'objet d'un usage traditionnel en Colombie dans la zone du Cauca, par l'ethnie Paez, et dans la Sierra Nevada de Santa Marta par l'ethnie Arhaucos.
Coca Ipadu (Erythroxylum coca var. coca) : découverte plus récemment, au milieu du XIXème siècle, elle est cultivée depuis en Amazonie brésilienne, en particulier par les Tukanu de l'Alto Rio Negro.
Les dérivés de la coca

Pâte base de cocaïne (PBC) : première étape dans la fabrication du chlorhydrate de cocaïne, la pâte base est en fait un précité des alcaloïdes de la feuille de coca, sous forme de sels. Mélangée à du tabac, elle est fumée sous le nom de basuco.
Chlorhydrate de cocaïne (ou cocaïne HCI) : plus connu sous le nom de cocaïne ou coke, le chlorhydrate de cocaïne est la poudre obtenue par une suite de réactions chimiques qui permettent d'isoler le principe actif de la coca. Le chlorhydrate de cocaïne peut être inhalé (sniffé) ou injecté.
Cocaïne à base libre : la cocaïne à base libre (pure à près de 100%) est obtenue par raffinage de la pâte base de cocaïne ou du chlorhydrate dans le but d'obtenir des cristaux fumables. Les deux formes les plus couramment fabriquées sont le free-base et le crack.
Le cannabis
Cannabis sativa, ou chanvre indien : herbe annuelle dioïque (mâle et femelle sur des plants séparés), aux feuilles découpées et palmées. Elle forme, avec le houblon, Humulus lupulus, le genre des cannabinacées. L'espèce est caractérisée par une forte plasticité génétique et compte plus d'une centaine de variétés dans le monde. Selon les latitudes, l'aspect de la plante comme ses concentrations en principes actifs, les cannabinoïdes, varient fortement, au point que certains auteurs ont cru pouvoir distinguer deux sous-espèces:

Cannabis sativa sativa, dont les pieds atteignent 3m de hauteur, faiblement active, cultivée pour ses fibres et ses graines dont on extrait de l'huile et qui servent de nourriture pour oiseaux, le chènevis.
Cannabis sativa indica, aux pieds courts et touffus, à résine plus riche en cannabinoïdes, cultivée dans les régions chaudes.
Au nord du 30éme parallèle, les plants du cannabis sont généralement considérés comme du chanvre à fibres. Cependant, cette règle n'est en rien absolue : les microclimats sont nombreux. Dans le Midwest américain, l'analyse des plants de chanvre textile "échappés" des champs proches et retournés à l'état sauvage a montré un niveau très élevé de principe actif, de 2,3 à 7,1% de THC... Par ailleurs, le cannabis s'adapte par sélection naturelle aux conditions de sol, de climat et de traitement qu'il rencontre. La sélection peut s'effectuer sur des plants issus de semences importées et par croisement.

Sinsemilla : variété femelle obtenue par hybridation pour la production de marijuana. Elle est cultivée essentiellement au Mexique, aux États-Unis et aux Pays-Bas. Sa teneur en principe actif est très supérieure à la moyenne : alors que le chanvre à fibres ne contient que 0,1% de THC et les meilleures plantes à résine aux alentours de 10%, la sinsemilla américaine dépasse couramment 20% de THC et son homologue hollandaise, la Nederwiet, atteint 40%.

Principes actifs

Outre quelques 61 cannabinoïdes identifiés, le cannabis contient plus de 300 composants chimiques. La très grande complexité de leur interaction fait du cannabis une des plantes les plus rétives à la synthèse biochimique.

THC, ou L-9-tétrahydrocannabinol : principe le plus psychoactif du cannabis, isolé en 1964. Il peut parfois respecter jusqu'à 90% des cannabinoïdes présents dans la plante. On le trouve surtout dans la résine des poils glandulaires des feuilles, des tiges et surtout des sommités fleuries.
CBD, ou cannabidiol : cet autre cannabinoïde n'est pas psychoactif dans sa forme pure. Il a des effets sédatifs, analgésiques et antibiotiques. Son interaction avec le THC en potentialise les effets dépresseurs et en limite les effets euphoriques, tout en allongeant la durée d'action des effets psychoactifs. Les plants les plus résineux en possèdent un taux élevé.
Marijuana et dérivés

Marijuana : nom générique donné à "l'herbe" de cannabis. On l'appelle kif au Maroc, et ganja en Inde. Les feuilles et les tiges de la plante sont séchées puis broyées pour être fumées, pures ou mélangées à du tabac.
Haschich ou résine de cannabis : de couleur verdâtre, brun-beige ou noire, elle est raclée sur les feuilles sommitales ou obtenue sous forme de poudre en secouant les plants séchés. Chauffée et compressée, elle est conditionnée sous forme de blocs ou plaquettes. Les indiens l'appellent charas. Au Maroc, la poudre de résine s'appelle chira. Sa teneur moyenne en THC varie de 6% (Maroc) à 25% (Pakistan, Afghanistan). Les plants les plus résineux sont issus de semences de Tchécoslovaquie, du Liban, du Maroc, d'Afghanistan, du Pakistan et du Népal et contiennent généralement plus de CBD que de THC. Ces variétés permettent d'obtenir un haschisch de niveau élevé, en puissance comme en quantité, mais une marijuana, sauf exception, de faible qualité. Le cannabis mexicain produit très peu de résine mais une herbe réputée. Ces différences expliquent en grande partie que, par l'extension du marché de consommation dans les années 60, ces différentes régions se soient spécialisées, soit en haschich, soit en marijuana.
L'huile de cannabis est un dérivé extrêmement concentré, obtenu par distillation d'un mélange de haschich et d'alcool pharmaceutique. Il est surtout employé au Moyen-Orient. En Colombie, sa production pour l'exportation est à l'origine d'une relance des cultures de cannabis qui occupaient de 8 à 10 000 ha en 1995.
Les drogues de synthèse
Designer drugs (drogues à la carte) : variantes de psychotropes soumis à un contrôle. Leurs producteurs modifient légèrement la structure chimique d'une substance illicite de manière à obtenir une molécule nouvelle, aux effets similaires, qui ne pourra tomber sous le coup de la loi qu'une fois identifiée et inscrite sur la liste des drogues contrôlées.

Opiacés de synthèse : produits, généralement fabriqués à partir de sous-produits du goudron, de la houille et du pétrole, ayant des propriétés analgésiques similaires à la morphine.

Buprénorphine et méthadone : principaux substituts de l'héroïne utilisés dans le traitement de la toxicomanie.

Phénylpipéridines : famille de plusieurs milliers d'opiacés de synthèse, parmi lesquels on compte notamment deux groupes :

La mépéridine (éthyl-1-méthyl-4-phénylpipéridine-4-carboxylate) et ses dérivés sont commercialisés sous divers noms : MPPP (ou "héroïne synthétique"), MPTP, PEPAP...Ils ont des effets hallucinogènes;
Le fentanyl et ses dérivés : puissant analgésique découvert en Belgique, en 1963, par les laboratoires Janssen. Apparu aux États-Unis au début des années 70, d'abord pour doper des chevaux de course, il donne naissance à de multiples designer drugs.
Après l'interdiction aux États-Unis en 1981 de l'alphaméthylfentanyl (ou China White), lui succéderont le 3-méthylfentanyl (mille fois plus puissant que l'héroïne) et l'alpha-méthylacétylfentanyl. Le 3-méthylfentanyl est produit aujourd'hui en CEI.
Amphétamine (et dérivés) : de "a(lpha)-m(éthyl)-ph(ényl)ét(hyl)amine", aminé synthétique dont la structure chimique ressemble à celle des neurotransmetteurs adrénergiques. Effet de stimulation intellectuelle et verbale, masquant les signes de fatigue, le sommeil et la faim. On appelle l'amphétamine et ses dérivés "drogues du travail" ou "cocaïne du pauvre".

Environ 2000 dérivés amphétaminiques ont été étudiés.

Speed : surnom de sulfate d'amphétamine (ou nenzédrine), la forme la plus simple de ce type de drogue, conditionnée en comprimés.
Ephédrine : principal alcaloïde des quelque quarante espèces d'arbuste du genre Ephedra, plante utilisée par les Chinois depuis cinq mille ans pour le traitement de l'asthme et comme stimulant. Principal précurseur de la méthamphétamine.
Méthamphétamine : dérivé amphétaminique aux puissants effets stimulants vendu légalement sous le nom de Pervitine. Synthétisée au Japon en 1919. La forme cristallisée et fumable du chlorydrate de d-méthamphétamine est baptisée ice, shabu, crystal ou crank.
Methcatinone (ou "cat") : produit à base d'éphédrine naturelle ou synthétique de structure identique à la méthamphétamine et à la catinone (principe psychoactif du cat ou Cathis edulis, arbres dont les feuilles sont mâchées pour obtenir un effet stimulant au Yémen et dans la Corne d'Afrique). Elle se présente sous forme de poudre qui peut être sniffée, bue, injectée ou fumée avec de la marijuana. Découverte en Allemagne en 1928, utilisée dans le traitement des dépressions en Union Soviétique dans les années 40, puis comme anorexique aux États-Unis après 1957. Des laboratoires clandestins apparaissent en 1982 en URSS (Leningrad), où elle est baptisée ephedrone. Aux États-Unis, le marché clandestin se développe à partir du Michigan en 1991.
Phényléthylamines : famille d'analogues de la mescaline et de l'amphétamine. alexander Shulgin, "inventeur" de l'ecstasy, a décrit la synthèse de 179 d'entre elles. Certaines ont un effet hallucinogène prononcé (2C-B, DOM), d'autres, enfin, combinent effets hallucinogène, stimulant et hypertenseur (MDA, MDMA, MDEA).
Classification de la famille des Phényléthylamines :

MDA (3,4-méthylènedioxyamphétamine) : surnommée Love Drug ou "pilule de l'amour". Apparu sur le marché illicite de la Côte Ouest des États-Unis en 1968.
MDMA (3,4- méthylènedioxymétamphétamine) : analogue de la MDA connu sous le nom d'ecstasy, Adam, E, X, XTC... D'abord interdit en Grande-Bretagne en 1977 (en 1985 aux États-Unis).
MDEA ( 3,4- méthylènedioxéthylamphétamine) : variante de l'ecstasy produite aux Pays-Bas et connue sous le nom de Eve.
DOM (2,5-diméthoxy-4-méthylamphétamine) ou STP ("sécurité, tranquillité, paix") : un des plus puissants hallucinogènes connus, synthétisé par Alexander Shulgin.
2C-B ou Nexus (4-bromo-2,5-diméthoxyphényléthylamine) : hallucinogène apparu en Floride en 1993, puis à Londres. Laboratoires présumés en Afrique du Sud.
Hallucinogènes

Kétamine : analgésique chirurgical apparu au début des années 90 dans les discothèques new-yorkaises sous le nom de Special K.
LSD 25 (diéthylamide d'acide lysergique) : dérivé de l'acide lysergique, alcaloïde de l'ergot de seigle. Généralement surnommé "acide" et distribué sous formes de vignettes imprégnées de 20 à 80 mg de produit.
Phencyclidine (ou PCP) : analgésique médical de la famille des arylcycloalkylamines apparu en 1957. Également appelé Angel Dust ("poussière d'ange"), le PCP a cessé d'être utilisé en 1965, en raison de ses puissants effets hallucinogènes. Converti en tranquillisant vétérinaire, sa production a été prohibée en 1978. Commercialisé sous forme de cigarettes, imprégnées de base diluée dans de l'éther. La pipéridine (voir opiacés de synthèse) sert de précurseur principal dans la fabrication de PCP.
Dépresseurs du système nerveux central : il s'agit des tranquillisants, régulateurs d'humeur et somnifères. Ce sont parfois des produits de laboratoires clandestins mais, le plus souvent des médicaments licites détournés de leurs usages thérapeutiques.

Barbituriques : produits utilisés en médecine pour leurs propriétés sédatives et hypnotiques. Le sécobarbital, qui entre dans la composition de certains d'entre eux, est classé comme stupéfiant et fait l'objet d'un intense trafic vers l'Afrique.
Benzodiazépines : principale famille de tranquillisants. Elle comprend notamment le diazépam (Valium), le chlorazépam (Tranxène), le flunizépam (Rohypnol), le temazépam (populaire dans le nord-est de l'Angleterre et à Londres)...
Méthaqualone : sédatif non barbiturique hypnotique synthétisé en 1951, connu aux États-Unis sous le nom de Quaalude et sous celui de Mandrax, en Afrique australe, où il est consommé avec de l'alcool et de l'herbe de cannabis.
Les précurseurs chimiques, drogues en puissance
Mis à part les dérivés du cannabis et l'opium brut, toutes les drogues sont le résultat d'une transformation qui nécessite quantité de produits chimiques, par exemple :
- 1 litre d'anhydride acétique pour produire 1 kg d'héroïne
- 17 litres d'éther pour 1 kg de chlorydrate de cocaïne.

Si une vingtaine de produits chimiques peuvent être utilisés dans l'élaboration de la cocaïne, il est virtuellement impossible de dresser une liste limitative des produits entrant dans la composition des drogues synthétiques. Par souci de simplification, nous appellerons toutes ces substances "précurseurs", même si les techniciens opèrent une distinction entre les précurseurs proprement dits, qui entrent dans la composition chimique du produit fini et les matières chimiques essentielles qui sont des réactifs ou solvants utilisés dans le processus d'extraction des alcaloïdes d'une drogue végétale naturelle.
La réglementation du commerce international des précurseurs n'est intervenue que tardivement. Ainsi, les gouvernements signataires de la Convention de 1971 sur les substances psychotropes n'ont rien prévu pour les précurseurs de ces drogues synthétiques. Cet "oubli" s'explique largement par l'opposition résolue de l'industrie chimique à toute restriction du commerce.

Les Américains précurseurs du contrôle

Les Américains, les premiers mettent l'accent sur cette faille du dispositif répressif. Pendant les années 70, ils s'efforcent d'obtenir de leurs partenaires dans la "guerre à la drogue" l'adoption de réglementations strictes. En 1979, par exemple, la Thaïlande met en place un contrôle sur les matières essentielles au raffinage de l'héroïne dans le Triangle d'Or. Lorsqu'arrive l'épidémie de consommation de cocaïne, il apparaît rapidement que l'essentiel de l'effort doit porter sur les pays exportateurs de produits chimiques et, au premier chef..., les États-Unis. En 1981, la DEA estime que 40 à 70% des dissolvants exportés par des pays andins sont utilisés dans des laboratoires de clandestins de cocaïne. C'est le cas dans 87% du permanganate de potassium exporté depuis le Texas et la Louisiane vers l'Amérique latine, de 98% de l'éther importé par la Colombie...

En 1988, le Chemical Division and Trafficking Act entre en vigueur malgré l'opposition des géants de l'industrie américaine, comme Exxon Chemicals ou la Chemical Manufacturers Association. Cette loi fédérale fait obligation aux exportateurs de solliciter de l'administration une autorisation préalable et donne quinze jours à un service spécial, composé d'agents des douanes et de la DEA, pour vérifier la destination finale des substances. Ces nouvelles dispositions auront pour effet, dès les premiers mois d'application, de réduire de moitié les exportations américaines. Toujours sous l'impulsion américaine, un nouveau pas est franchi par la Convention des Nations Unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes de 1988.

Elle contient en annexe une liste de 10 précurseurs (portée à 22 en 1992). Ses signataires sont invités à prendre des mesures pour empêcher le détournement de ces matières et à fournir à l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) un rapport annuel sur le trafic illicite, les saisies et les méthodes de détournement. Dans le prolongement de la Convention, le Groupe des Sept pays industrialisés crée en 1991, un Groupe d'action chimique (Chemical Action Task Force), présidé par les États-Unis et chargé de définir une politique de coopération. Et l'Union Européenne adopte une directive sur le contrôle des précurseurs par ses membres.

L'Allemagne, plaque tournante du trafic

La première conséquence de ce forcing américain a été de doper les exportations européennes, particulièrement celle de l'Allemagne, véritable plaque tournante du trafic des précurseurs.
Au début des années 80, la firme Bayer fournit déjà 80% de l'anhydride acétique utilisé dans les laboratoires d'héroïne d'Asie du Sud-est. En 1989, un an après la nouvelle législation aux États-Unis, les livraisons allemandes à la Colombie augmentent de 433%.
En 1990, la DEA se fait un plaisir de dénoncer le rôle joué par Merck Columbia, filiale du cartel chimique qui, au XIXème siècle , avait le premier commercialisé la cocaïne. L'industrie allemande fournit aussi les laboratoires turcs ou les yakuzas japonais. En raison de la facilité avec laquelle y sont accordées les licences d'exportation, l'Allemagne se fait transitaire des produits des autres pays européens.
A la fin des années 80, pourtant, la puissante fédération de l'industrie chimique allemande prendra l'initiative de la mise en place d'un contrôle interne sur les activités de ses membres. Ce revirement doit beaucoup à la mise en cause répétée d'industriels d'outre-Rhin dans une série d'affaires désastreuses pour l'image de marque de la profession. Les services secrets américains ont, en effet, multiplié les révélations, photos à l'appui, sur la livraison de produits chimiques aux industries d'armement libyenne ou irakienne. On apprend, par exemple, que la société Imhausen Chemie, accusée de fournir les libyens, fabriquait aussi des comprimés d'ecstasy...
L'Allemagne finit par promulguer, en octobre 1994, une "Loi de surveillance de la production et de l'exportation des précurseurs chimiques" qui rend les industriels et leurs négociants responsables de la destination de leurs produits. Tous les pays occidentaux n'ont pas suivi le mouvement : le rapport de l'Organe international de contrôle des stupéfiants pour 1994 montrait du doigt la Suisse, accusée d'avoir servi d'intermédiaire pour l'envoi de 50 t d'éphédrine (précurseur des méthamphétamines) tchèque au Mexique.

Le potentiel des industries du Sud

De fait, la création de contrôles n'a, jusqu'ici, pas sensiblement affecté l'offre mondiale des drogues. A cela plusieurs raisons : les pays industrialisés n'ont pas le monopole de la chimie. Les trafiquants ont pu se retourner vers les pays producteurs les moins avancés (PMA). C'est le cas du Brésil, qui fournit éther et acétone, ou de l'Inde, pour l'anhydride acétique. D'autre part, lorsque le contrôle des échanges commerciaux entre deux pays se fait trop pressant, il est toujours possible d'ouvrir de nouvelles voies d'approvisionnement ou d'installer des laboratoires de transformation près de la source. C'est ainsi que la répression croissante du trafic de drogues synthétiques aux États-Unis entraîne la multiplication des laboratoires au Mexique, que les laboratoires de cocaïne fleurissent au Brésil, ou que les manufactures d'héroïne birmanes migrent de la frontière thaïlandaise à celle de Malaisie, de Chine, ou de l'Inde. Les organisations criminelles impliquées dans la production de drogues s'adaptent constamment aux nouvelles données. Dans le Triangle d'Or, c'est la puissante triade Sun Yee On de Hongkong qui s'est spécialisée dans la fourniture des matières essentielles. Les cartels colombiens, eux, ont de longue date placé des intérêts dans la fabrication ou la distribution des produits pharmaceutiques licites. Ils ont également investi massivement en ex-URSS lors de la privatisation de l'appareil industriel, tout comme la mafia italienne, s'assurant d'ores et déjà le contrôle d'une partie de l'énorme potentiel chimique de l'Est.

Reste un dernier écueil : la plupart des matières nécessaires à l'élaboration des drogues ont une multitude d'utilisations licites. Ce qui multiplie les possibilités de détournement et limite a priori les possibilités d'un contrôle exhaustif. Ainsi, en Colombie, dans la région de Puerto Alvira, les paysans qui fabriquent le chlorydrate de cocaïne se procurent des produits chimiques auprès d'employés d'une usine de ... Coca-Cola.

De surcroît, la plupart des précurseurs sont, eux-mêmes, des composés qui peuvent être obtenus à partir de produits de base non soumis au contrôle. En 1986 et 1987, la DEA a démantelé en Thaïlande deux laboratoires clandestins qui avaient fabriqué plus d'une tonne d'anhydride acétique.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 18 Jan - 11:34  SNIPPER02

Classification des drogues
Les drogues sont toutes des xénobiotiques, c'est-à-dire des substances étrangères à notre organisme et dépourvues de toute valeur nutritive. Leur action pharmacologique est suivie d'un métabolisme c'est-à-dire d'une transformation en produits généralement inactifs éliminés le plus souvent dans l'urine. L'étude de ces transformations relève de la pharmacocinétique.

Hormis l'alcool, les solvants organiques, les dérivés du cannabis et autres produits de synthèse, la majeure partie des drogues est rassemblée dans la famille des alcaloïdes.
Leur action s'exerce simultanément, mais en proportion variable, sur le corps (fonctions cardiaque, respiratoire, digestive, immunitaire...) et sur l'esprit (humeur, mémoire, degré d'anxiété...).
Cette distinction entre effets somatiques (du grec sôma, le corps) et effets psychiques (de psyché, l'esprit) demeure fondamentale.
C'est en raison de cette action sur les processus mentaux qui leur est spécifique que l'on qualifie ces substances de "psychotropes", c'est-à-dire de produits manifestant un tropisme, une attirance pour la psyché.

Classification pharmacologique
La "Phantastica" de Lewin (1924)

Les premières classifications des psychotropes eurent une visée pharmacologique. Les travaux du pharmacologue berlinois Louis Lewin (1850-1929) sont ainsi demeurés célèbres et d'une certaine actualité. Il propose dans sa somme, Phantastica (1924), de distinguer cinq groupes de substances actives sur le psychisme :

Excitantia (stimulants)
Phantastica (hallucinogènes)
Inebriantia (substances enivrantes)
Hypnotica (induisant le sommeil)
Euphorica (tranquillisants).
La classification de Lewin regroupait déjà pour l'époque un panel assez large de produits; depuis, la découverte de nombreux autres produits psychotropes la rendent obsolète.

La "Delay-Deniker" (1950)

Les travaux de Lewin devenant obsolètes, de nouvelles classifications ont vu le jour en intégrant l'ensemble de ces nouvelles molécules. La plus connue d'entre elles, développée au cours des années 50, est celle proposée par les psychiatres Jean Delay et Pierre Deniker et repose sur la distinction entre quatre types d'action psychotrope :

Psychoanaleptiques : action tendant à dynamiser le psychisme, augmentant la vigilance, améliorant l'humeur déprimée, mais susceptible, également, parfois, de précipiter des crises d'anxiété ou d'excitation (Cocaïne, antidépresseurs).
Psycholeptiques : action dépressive, entraînant le sommeil, ou du moins la sédation (apaisement d'une douleur), et des manifestations délirantes ou agressives (héroïne, neuroleptiques).
Normothymiques : action caractéristique de substances visant à normaliser l'humeur de certains patients chez qui alternent des phases de dépression et d'excitation (médicaments ne pouvant donner lieu à toxicomanie).
Psychodysleptiques : action sans intérêt thérapeutique de nos jours, mais intégrée, dans les sociétés traditionnelles et autrefois en Occident, à de nombreuses pratiques religieuses ou rituelles, et induisant la survenue d'hallucinations plus ou moins fortes ou, pour le moins, de troubles de la personnalité avec sensation d'irréalité (LSD, Peyotl, Mescaline).
Classification juridique
Les stupéfiants (les "narcotiques" des Américains) sont soumis à un régime juridique tout à fait singulier, d'origine récente et dont la cohérence donne lieu à de vifs débats. Le système français quant à lui, s'appuie sur deux conventions internationales.

La Convention unique (1961)

Elle a remplacé toutes les conventions antérieures, avec la prétention de concilier et de fédérer l'ensemble des règles internationales en la matière. Mais comme l'a souligné Francis Caballero, avocat et universitaire, dans un traité remarquable, elle se garde toutefois bien de définir ce qu'est...un stupéfiant ! Autrement dit, la Convention fait fond sur une pure tautologie : est un stupéfiant une substance... figurant sur la liste des stupéfiants !
Clairement, cette classification hiérarchise les drogues en fonction de leur utilité médicale, en les scindant en deux groupes distincts avec d'une part, les drogues occidentales, réputées "utiles" et donc légalisées (les "médicaments") et d'autre part les drogues traditionnelles, du tiers-monde, jugées "inutiles" donc prohibées.

La Convention de Vienne (1971)

Conçue sur un modèle similaire à la Convention unique, elle vise à corriger l'incohérence de cette dernière qui n'envisageait pas le cas des produits de synthèse dérivés de produits naturels agissant sur le psychisme (médicaments traitant l'anxiété, l'insomnie...). Ne cherchant pas à définir les psychotropes, elle se contente de souligner qu'il s'agit de produits susceptibles d'engendrer une dépendance, d'agir sur le système nerveux central en le stimulant, en le déprimant ou en induisant des hallucinations (à noter que le tabac et l'alcool ne figurent toujours pas sur cette liste).

La Convention de 1971 englobe les psychotropes thérapeutiques que sont les tranquillisants, les hypnotiques... en autorisant leur usage médical tout en prohibant toute utilisation détournée échappant au contrôle médical (usage abusif des barbituriques, par exemple, dont certains sont considérés comme des stupéfiants depuis 1988). Mais ici encore, le caractère incohérent et irrationnel de la classification retenue n'a échappé à aucun observateur. Les autorités ont justifié l'absence de l'alcool et du tabac par le fait que les mesures de contrôle prévues se révéleraient inefficaces sur ce type de consommation.

La France a ratifié ces deux conventions et doit donc les appliquer dans son droit propre. D'où la remise à jour en 1988 d'une ancienne partition des substances pharmacologiquement actives, qui datait de 1916 et classait les médicaments en trois tableaux, A, C et B, ce dernier correspondant aux stupéfiants. Conformément à l'esprit de la convention de Vienne, une distinction jusqu'alors inconnue entre "stupéfiants" et "psychotropes" a été introduite.

Si l'on prend en compte l'ensemble des classifications et l'arsenal législatif correspondant, il faut admettre que les mesures coercitives prônées parfois, depuis le début du siècle en France et ailleurs, n'ont guère brillé par leur succès : la consommation de psychotropes, licites ou illicites, n'a cessé de s'accroître régulièrement depuis.

Classification des opiacés
Il s'agit de l'opium et de ses dérivés, morphine et héroïne principalement, mais aussi de la codéine. On peut leur assimiler des produits de laboratoire utilisés couramment en médecine.

Opium

Termes du milieu : Black Jack Gum
Description : Substance de consistance visqueuse à solide, de couleur variant du brun foncé à noir
Fabrication : Extrait naturel du Pavot somnifère
Consommation : Ingestion, inhalation
Principaux effets : Analgésie, dépression, euphorie, demi-sommeil, sensation de bien être
Durée de l'effet : De 3 à 6 heures
Dépendance physique : Très forte
Dépendance psychologique : très forte
Effets du surdosage : Ralentissement respiratoire, coma pouvant entraîner la mort
Syndrome de sevrage : Convulsions, panique, vomissements, nausées (cold turkey) sueurs froides, frissons.

Morphine

Termes du milieu : M Dreamer
Description : Poudre cristalline de couleur variant du blanc au beige, petit comprimé blanc ou liquide incolore
Fabrication : Dérivé de l'opium
Consommation : Ingestion, injection, suppositoire
Principaux effets : Analgésie, dépression, euphorie, sensation de ralenti
Durée de l'effet : De 3 à 6 heures
Dépendance physique : très forte
Dépendance psychologique : très forte
Effets du surdosage : Ralentissement respiratoire, coma pouvant entraîner la mort
Syndrome de sevrage : Convulsions, panique, vomissements, nausées, sueurs froides, frissons.

Héroïne

Termes du milieu : Hard Stuff, Horse Smack Junk, Grand H
Description : Poudre cristalline de couleur variant du blanc au brun pâle
Fabrication : Dérivé semi-synthétique de morphine
Consommation : Inhalation, injection
Principaux effets : Analgésie, dépression, euphorie, sensation de ralenti
Durée de l'effet : De 3 à 6 heures
Dépendance physique : très forte
Dépendance psychologique : très forte
Effets du surdosage : Ralentissement respiratoire, coma pouvant entraîner la mort
Syndrome de sevrage : Convulsions, panique, vomissements, nausées, sueurs froides, frissons.

Codéine

Termes du milieu : Schoolboy
Description : Comprimés ou poudre de couleur blanche
Fabrication : Extrait naturel de la tête de pavot ou semi-synthétique
Consommation : Ingestion, injection
Principaux effets : Analgésie, dépression, les effets varient selon la dose
Durée de l'effet : De 3 à 6 heures
Dépendance physique : Modérée à forte
Dépendance psychologique : Forte
Effets du surdosage : Variable, peut entraîner la mort
Syndrome de sevrage :Variable, sévère.

Classification de la cocaïne
Cocaïne

Termes du milieu : Coke, Neige, Coca, Corrine, Chartie, Snowflake
Description : Poudre cristalline luisante et inodore, ressemblant à de la neige
Fabrication : Substance active des feuilles du coca (arbre)
Consommation : Inhalation, injection
Principaux effets : Insomnie, stimulation, hallucinations possibles, euphorie
Durée de l'effet : Environ 2 heures
Dépendance physique : Possible
Dépendance psychologique : très forte
Effets du surdosage : Agitation, nausées, hausse de température, convulsions pouvant entraîner la mort
Syndrome de sevrage : Dépression, désorientation, hallucinations.

Classification du cannabis
Marihuana (Marijuana)

Termes du milieu : Mari, Marie-Jeanne, Joint, Weed Pot, Grass, Tea, Gazon
Description : Substance ayant l'apparence du thé de couleur variant du vert pâle au vert foncé brun
Fabrication : A partir de feuilles, fleurs et graines de cannabis séchées et hachées
Consommation : Ingestion, inhalation
Principaux effets : Euphorie à forte dose, hallucinations, désorientation
Durée de l'effet : De 1 à 4 heures
Dépendance physique : Inconnue
Dépendance psychologique : Modérée à forte
Effets du surdosage : Fatigue, paranoïa, psychose, appétit démesuré
Syndrome de sevrage : Effets psychologiques, insomnie, hyperactivité.

Haschich

Termes du milieu : H, Hasch
Description : Substance dont la consistance peut varier de flexible à très dure, de couleur variant du vert brun pâle au brun foncé
Fabrication : A partir de la résine des feuilles et des graines de cannabis
Consommation : Ingestion, inhalation
Principaux effets : Euphorie à forte dose, hallucinations, désorientation, effet plus prononcé que la Marihuana pour une même dose
Durée de l'effet : De 1 à 4 heures
Dépendance physique : Inconnue
Dépendance psychologique : Modérée à forte
Effets du surdosage : Fatigue, paranoïa, psychose, appétit démesuré
Syndrome de sevrage : Effets psychologiques, insomnie, hyperactivité.

Huile de Haschich

Termes du milieu : H, Liquide, Huile, Hasch Oil, Résine
Description : Substance liquide de couleur jaune orangé, marron foncé ou noire
Fabrication : Extrait huileux du Haschich ou de la Marihuana
Consommation : Ingestion, inhalation
Principaux effets : Euphorie à forte dose, hallucinations, désorientation, effet de 15 à 30 fois plus prononcé que la Marihuana
Durée de l'effet : De 1 à 4 heures
Dépendance physique : Inconnue
Dépendance psychologique : Modérée à forte
Effets du surdosage : Fatigue, paranoïa, psychose, appétit démesuré
Syndrome de sevrage : Effets psychologiques, insomnie, hyperactivité.

Classification des drogues synthétiques
Péthidine

Termes du milieu : Démérol
Description : Liquide incolore ou comprimé
Fabrication : Synthétique
Consommation : Ingestion, injection
Principaux effets : Analgésie, dépression, euphorie, sensation de ralenti
Durée de l'effet : De 3 à 6 heures
Dépendance physique : très forte
Dépendance psychologique : très forte
Effets du surdosage : Ralentissement respiratoire, coma pouvant entraîner la mort
Syndrome de sevrage : Variable, sévère.

Méthadone

Termes du milieu : Meth
Description : Comprimés, poudre ou solution de couleur blanche
Fabrication : Synthétique
Consommation : Ingestion, injection
Principaux effets : Analgésie, dépression, effet semblable à la morphine mais plus lent
Durée de l'effet : De 12 à 24 heures
Dépendance physique : Modérée
Dépendance psychologique : Forte
Effets du surdosage : Ralentissement respiratoire, convulsions, coma pouvant entraîner la mort
Syndrome de sevrage : Convulsions, vomissements, nausées.

Dilaudid (hydromorphone) & Percodan (oxycodone)

Termes du milieu : Lords, Big D
Description : Comprimés de différentes formes et couleurs
Fabrication : Semi-synthétique
Consommation : Ingestion, injection
Principaux effets : Analgésie, dépression, euphorie, sensation de ralenti
Durée de l'effet : Courte
Dépendance physique : très forte
Dépendance psychologique : très forte
Effets du surdosage : Ralentissement respiratoire, convulsions, coma pouvant entraîner la mort
Syndrome de sevrage : Convulsions, vomissements, nausées.

Talwin (pentazocine)

Termes du milieu : TS & Blues Tricycles, Bicycles
Description : Comprimé pèche ou capsule
Fabrication : Synthétique
Consommation : Ingestion, injection
Principaux effets : Analgésie, euphorie
Durée de l'effet : De 1 à 4 heures
Dépendance physique : Forte
Dépendance psychologique : très forte
Effets du surdosage : Dépression respiratoire pouvant entraîner la mort, vertige, euphorie, troubles visuels
Syndrome de sevrage : Vertiges, vomissements, nausées.

Phencyclidine

Termes du milieu : Angel Dust, PCP, Horse Tranquiliser, Tranquillisant pour chevaux, Mescaline
Description : Comprimé, pilule, ou poudre blanche dans des capsules buvards
Fabrication : Synthétique
Consommation : Ingestion, injection, inhalation
Principaux effets : Instables effets de l'ordre des stimulants tranquillisants ou hallucinogènes
Durée de l'effet : Variable
Dépendance physique : Inconnue
Dépendance psychologique : Modérée
Effets du surdosage : Psychose voire sommeil profond pouvant entraîner la mort
Syndrome de sevrage : Variable.

Innovations en matière de stupéfiants
Ecstasy (3,4-méthylène-dioxyméthamphétamine) : le MDMA est le principe actif de l'ecstasy; molécule issue de la recherche pharmacologique du début du siècle. Initialement destinée à être un coupe-faim, cette substance dérivée de l'amphétamine n'a jamais été développée comme un médicament. L'ecstasy s'est développée aux USA, puis en Europe. En France, 5% des jeunes adultes en ont consommé au moins une fois.

Ses effets se traduisent par une désinhibition, une sensation d'euphorie, un accroissement de l'énergie physique. Dans une étude, l'INSERM met en garde les consommateurs d'ecstasy des risques pour la santé : ils ne connaissent pas la composition, ni le dosage des comprimés, et ne savent pas comment leur organisme va réagir (accidents cardiaques, hépatites, hyperthermies).

GHB ou "Fille facile" : anesthésiant synthétique découvert en France au début des années soixante par le Professeur Laborit. Les culturistes américains ont détourné ce produit, classé comme stupéfiant, qui désinhibe et provoque une amnésie. Mélangé à de l'alcool, le GHB peut provoquer une dépression respiratoire pouvant aller jusqu'au coma.

KETAMINE : anesthésiant utilisé par les vétérinaires pour endormir les éléphants; classé comme stupéfiant depuis 1996; la Special K se présente sous forme de comprimé (mélangée à de la cocaïne elle provoque des effets psychotropes pouvant provoquer des arrêts cardiaques); dans les milieux branchés, on l'appelle le "cocktail Calvin Klein".

DOB : dérivé de l'amphétamine, ses cachets sont présentés comme de la super-ecstasy. Fabriqué par des chimistes amateurs, le DOB peut se révéler particulièrement dangereux.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 18 Jan - 11:34  SNIPPER02

Introduction
La liste des produits stupéfiants a été définie par l'arrêté du 22 février 1990, paru au Journal Officiel du 7 juin 1990.

Le ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale,
Vu le code de la santé publique, notamment ses articles L. 5132-1, L. 5132-7, L. 5132-8, L. 5432-1, R. 5150 et suivants,
Arrête :
Art. 1er - Sont classées comme stupéfiants les substances et préparations mentionnées dans les annexes au présent arrêté.
Art. 2 - Le directeur de la pharmacie et du médicament est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal Officiel de la République française.

Fait à Paris, le 22 février 1990.
Pour le ministre et par délégation :
Le directeur de la pharmacie et du médicament
M.T. FUNEL

Cette liste a ensuite été enrichie par toute une série d'arrêtés listés ci-après.

Les produits stupéfiants sont ensuite listés dans 4 annexes. Les reports entre parenthèses pointent vers l'arrêté correspondant.

N.B. Dernière mise à jour : 27 février 2009

Arrêtés
Les arrêtés fixant la liste des stupéfiants sont les suivants :

(1) Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants
(J.O. du 07/06/1990)
(2) Arrêté du 19/07/1995 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O. du 29/07/1995
(3) Arrêté du 11/10/1995 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O. du 28/10/1995
(6) Arrêté du 29/11/1996 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O. du 11/12/1996
(7) Arrêté du 08/08/1997 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O. du 20/08/1997
(Cool Arrêté du 15/07/2002 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O. du 23/07/2002
(9) Arrêté du 09/11/1998 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O. du 21/11/1998
(13) Arrêté du 24/03/2000 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O. du 18/04/2000
(17) Arrêté du 31/07/2003 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O. du 03/09/2003
(18) Arrêté du 13/10/2003 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O du 23/10/2003
(19) Arrêté du 13/10/2003 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O du 23/10/2003
(20) Arrêté du 13/10/2003 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O du 23/10/2003
(21) Arrêté du 18/08/2004 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O du 15/09/2004
(22) Arrêté du 18/08/2004 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O du 15/09/2004
(23) Arrêté du 18/08/2004 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O du 15/09/2004
(24) Arrêté du 20/04/2005 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants et entrant dans la composition de l' "Ayahuasca" - J.O. du 03/05/2005
(25) Arrêté du 12/03/2007 modifiant l'arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants - J.O. du 25/03/2007
(26) Arrêté du 28/02/2008 modifiant l’arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants -J.O. du 07/03/2008
(27) Arrêté du 05/05/2008 modifiant l’arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants-J.O. du 15/05/2008
(28) Arrêté du 24/02/2009 modifiant l’arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants-J.O. du 27/02/2009

Annexe I
Cette annexe comprend :

les substances ci-après désignées ;
leurs isomères, sauf exception expresse, dans tous les cas où ils peuvent exister, conformément à la formule chimique correspondante desdites substances ;
les esters et éthers desdites substances ou isomères à moins qu'ils ne soient inscrits à une autre annexe, dans tous les cas où ils peuvent exister ;
les sels desdites substances, de leurs isomères, de leurs esters et éthers dans tous les cas où ils peuvent exister ;
les préparations renfermant les produits ci-dessus mentionnés à l'exception de celles nommément désignées ci-dessous ;

Acétorphine
Acétylalphaméthylfentanyl
Acétylméthadol
Alfentanil
Allylprodine
Alphacétylméthadol
Alphaméprodine
Alphaméthadol
Alphaméthylfentanyl
Alpha-méthylthiofentanyl
Alphaprodine
Aniléridine
Benzéthidine
Benzylmorphine
Béta-hydroxyfentanyl
Béta-hydroxy-méthyl-3-fentanyl
Bétacétylméthadol
Bétaméprodine
Bétaméthadol
Bétaprodine
Bezitramide
Butyrate de dioxaphétyl
Cannabis et résine de cannabis
Cétobémidone
Clonitazène
Coca, feuille de
Cocaïne
Codoxime
Concentré de paille de pavot, ou matière obtenue lorsque la paille de pavot a subi un traitement en vue de la concentration de ses alcaloïdes (capsules, tiges)
Désomorphine
Dextromoramide
Diampromide
Diéthylthiambutène
Difénoxine
Dihydroétorphine (13)
Dihydromorphine
Diménoxadol
Dimépheptanol
Diméthylthiambutène
Diphénoxylate, à l'exception des préparations orales en renfermant par dose unitaire, une quantité maximale de 2,5 mg calculés en base en association avec une quantité d'au moins 0,025 mg de sulfate d'atropine
Dipipanone
Drotébanol
Ecgonine, ses esters et ses dérivés transformables en ecgonine et cocaïne
Ethylméthylthiambutène
Etonitazène
Etorphine
Etoxéridine
Fentanyl
Furéthidine
Héroïne
Hydrocodone
Hydromorphinol
Hydromorphone
Hydroxypéthidine
Isométhadone
Lévométhorphane, à l'exception de son isomère dextrogyre ou dextrométhorphane
Lévomoramide
Lévophénacylmorphane
Lévorphanol, à l'exception de son isomère dextrogyre ou dextrorphane
Métazocine
Méthadone et son intermédiaire ou cyano-4 diméthylamino-2 diphényl-4,4 butane
Méthyldésorphine
Méthyldihydromorphine
Méthyl-3-thiofentanyl
Méthyl-3-fentanyl
Métopon
Moramide (intermédiaire du) ou acide méthyl-2 morpholino-3 diphényl-1,1 propane carboxylique
Morphéridine
Morphine (y compris les préparations d'opium en renfermant plus de 20 p. 100 exprimé en base anhydre et les dérivés morphiniques à azote pentavalent tel méthobromure, N-oxymorphine, N-oxycodéine), à l'exception des éthers nommément mentionnés à l'annexe II et des préparations relevant d'un autre classement
MPPP ou propionate de méthyl-1 phényl-4 pipéridinyle-4
Myrophine
Nicomorphine
Noracyméthadol
Norlévorphanol
Norméthadone
Normorphine
Norpipanone
Opium (y compris les préparations d'opium et de papaver somniferum renfermant jusqu'à 20 p. 100 de morphine calculée en base anhydre, à l'exception des préparations relevant d'un autre classement)
Oripavine (26)
Oxycodone
Oxymorphone
Para-fluorofentanyl
PEPAP ou acétate de phénéthyl-1 phényl-4 pipéridinyle-4
Péthidine et ses intermédiaires A (cyano-4 méthyl-1 phényl-4 pipéridine) B (ester éthylique de l'acide phényl-4 pipéridine carboxylique-4) et C (acide méthyl-1 phényl-4 pipéridine carboxylique-4)
Phénadoxone
Phénampromide
Phénazocine
Phénomorphane
Phénopéridine
Piminodine
Piritramide
Proheptazine
Propéridine
Racéméthorphane
Racémoramide
Racémorphane
Rémifentanil, ses isomères, ses esters, éthers et sels dans tous les cas où ils peuvent exister (13)
Sufentanil
Thébacone
Thébaïne
Thiofentanyl
Tilidine
Trimépéridine

Annexe II
Cette annexe comprend :

les substances ci-après désignées ;
leurs isomères, sauf exception expresse, dans tous les cas où ils peuvent exister, conformément à la formule chimique correspondante desdites substances ;
les sels desdites substances et de leurs isomères dans tous les cas où ils peuvent exister ;
leurs préparations nommément désignées ci-dessous ;
Acétyldihydrocodéine
Codéine
Dextropropoxyphène et ses préparations injectables
Dihydrocodéine
Ethylmorphine
Nicocodine
Nicodicodine
Norcodéine
Pholcodine
Propiram

Annexe III
Cette annexe comprend :

les substances ci-après désignées ;
leurs stéréo-isomères, dans tous les cas où ils peuvent exister conformément à la désignation chimique spécifiée, pour les substances précédées d'un astérisque (13) ;
leurs sels dans tous les cas où ils peuvent exister ;
les préparations de ces substances, à l'exception de celles nommément désignées ci-dessous ;
2-CB ou 4-bromo-2,5 diméthoxyphénéthylamine (Cool
4-MTA ou alpha-méthyl-4-méthylthiophénéthylamine (Cool
Amphétamine,(21) à l'exception de la préparation présentée en comprimés et renfermant par comprimé : sulfate d'amphétamine 0,005 g, phénobarbital 0,100 g
Amineptine, (21)
Benzphétamine, à l'exception de ses préparations autres qu'injectables
Brolamfétamine
Cathinone
DET ou N,N-diéthyltryptamine
Dexamfétamine
DMA ou dl-diméthoxy-2,5 a-méthylphényléthylamine
DMHP ou hydroxy-1 (diméthyl-1,2 heptyl)-3 tétrahydro-7,8,9,10 triméthyl-6,6,9 6H-dibenzo(b,d) pyranne
DMT ou N,N-diméthyltryptamine
DOET ou dl-diméthoxy-2,5 éthyl-4a-méthylphényléthylamine
Eticyclidine ou PCE
Etilamfétamine
Etryptamine (3)
Fénétylline
GHB ou acide gamma-hydroxybutyrique, à l'exception des préparations injectables (Cool
Levamfétamine
Lévométhamphétamine
Lysergide ou LSD-25
MDMA ou dl N, a-diméthyl (méthylènedioxy)-3,4 phényléthylamine
Mécloqualone
Mescaline
Methcathinone (3)
MMDA ou méthoxy-2 a -méthyl (méthylènedioxy)-4,5 phényléthylamine
Méfénorex et ses sels, à l'exception des préparations autres qu'injectables
Méthamphétamine et son racémate
Méthaqualone
Méthylphénidate
Méthyl-4 aminorex
N-hydroxyténamfétamine
N-éthylténamphétamine (MDEA)
Parahexyl
Pentazocine
Phencyclidine
Phendimétrazine
Phenmétrazine
Phentermine, à l'exception des préparations autres qu'injectables
PMA ou p-méthoxy a-méthylphényléthylamine
Psilocine
Psilocybine
Pyrovalérone, à l'exception des préparations relevant de la liste I
Rolicyclidine ou PHP ou PCPY
Sécobarbital
STP ou DOM ou amino-2(diméthoxy-2,5 méthyl-4)phényl-1 propane
Tenamfétamine ou MDA
Ténocyclidine ou TCP
TMA ou dl-triméthoxy-3,4,5 a-méthylphényléthylamine
Zipéprol (3)

Annexe IV
Cette annexe comprend les produits ci-après désignés ainsi que leurs préparations à l'exception de celles nommément désignées ci-dessous :

2-CI (22)
2-CT-2 ou 2,5-diméthoxy-4-éthylthiophényléthylamine (19)
2-CT-7 ou 2,5-diméthoxy-4-(n)-propyl-thiophényléthylamine (20)
Acide lysergique, ses dérivés halogènés, et leurs sels
Banisteriopsis caapi, Peganum harmala, Psychotria viridis, Diplopterys cabrerana, Mimosa hostilis, Banisteriopsis rusbyana, harmine, harmaline, tétrahydroharmine (THH), harmol, harmalol (24)
Amfépentorex et ses sels, à l'exception de leurs préparations autres qu'injectables
Béta hydroxy alpha, béta-diphényléthylamine, ses isomères, esters, éthers et leurs sels
BZP ou benzylpipérazine (27)
Champignons hallucinogènes, notamment des genres stropharia, conocybes et psilocybe
Chlorphentermine et ses sels, à l'exception de leurs préparations autres qu'injectables
Fenbutrazate et ses sels
Kétamine et ses sels, à l'exception de leurs préparations injectables (7)
Khat (feuilles de Catha edulis, Celastracées) (2)
Lévophacétopérane et ses sels
MBDB ou N-méthyl-1-(3,4- méthylènedioxyphényl)-2-butanamine et ses sels dans tous les cas où ils peuvent exister (6)
Nabilone et ses sels dans tous les cas où ils peuvent exister (9)
Pentorex et ses sels, à l'exception de leurs préparations autres qu'injectables
Peyotl ou peyote, ses principes actifs et leurs composés naturels et synthétiques autres que la mescaline (23)
Phénylacétone ou phényl-1 propanone-2
PMMA ou paraméthoxyméthamphétamine (15)
Tétrahydrocannabinols, leurs esters, éthers, sels ainsi que les sels des dérivés précités
Tilétamine et ses sels, à l'exception de leurs préparations injectables (17)
TMA-2 ou 2,4,5-triméthoxyamphétamine (18)
Tabernathe iboga Tabernathe manii, ibogaïne, ses isomères, esters et leurs sels qu'ils soient d'origine naturelle ou synthétique ainsi que toutes préparations qui en contiennent (25).

Les cannabinoïdes suivants, ainsi que leurs isomères, stéréo-isomères, esters, éthers et sels (28) :
JWH-018 - 1-Pentyl-3-(1-Naphthoyl)Indole ou (Naphtalen-1-yl)(1-Pentyl-1H-Indol-3-yl)Méthanone) ;
CP 47,497 - (5-(1,1-Diméthylheptyl)-2-[(1R,3S)-3 -hydroxycyclohexyl]-phénol ;
CP 47,497-C6 - (5-(1,1-Diméthylhexyl)-2-[(1R,3S)-3 - hydroxycyclohexyl]-phénol ;
CP 47,497-C8 - (5-(1,1-Diméthyloctyl)-2-[(1R,3S)-3 - hydroxycyclohexyl]-phénol ;
CP 47,497-C9 – (5-(1,1-Diméthylnonyl)-2-[(1R,3S)-3 - hydroxycyclohexyl]-phénol ;
H U - 2 1 0 - ( 6 a R ) - t r a n s - 3 - ( 1 , 1 - D i m é t h y l h e p t y l ) - 6 a , 7 , 1 0 , 1 0 a - tétrahydro-1 -hydroxy-6,6-diméthyl-6H-dibenzo[b,d]pyran-9-méthanol.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 18 Jan - 11:35  SNIPPER02

Introduction
La liste des produits psychotropes a été définie par l'arrêté du 22 février 1990, paru au Journal Officiel du 7 juin 1990.

Le ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale ;
Vu le code de la santé, notamment les articles L. 5132-1, L. 5132-7, L. 5132-8, L. 5432-1 et R. 5183 ;
Vu le décret n°77-41 du 11 janvier 1977 approuvant la convention de l’ONU de 1971 sur les substances psychotropes ;
Arrête :
Art. 1er - Sont classés comme substances psychotropes les produits dont la liste figure en annexe ainsi que leurs sels si l’existence de tels sels est possible.
Art. 2 - Le directeur de la pharmacie et du médicament est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 22 février 1990.
Pour le ministre et par délégation :
Le directeur de la pharmacie
et du médicament

Cette liste a ensuite été enrichie par toute une série d'arrêtés listés ci-après.

Les produits psychotropes sont ensuite listés dans 3 parties. Les reports entre parenthèses pointent vers l'arrêté correspondant.

N.B. Dernière mise à jour : septembre 2002

Arrêtés
Les arrêtés fixant la liste des psychotropes sont les suivants :

(1) Arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances classées comme psychotropes - J.O. du 07/06/1990

(5) Arrêté du 11/10/1995 modifiant l’arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances psychotropes - J.O. du 28/10/1995
(10) Arrêté du 25 /02/99 modifiant l’arrêté du 22/02/90 fixant la liste des substances psychotropes - J.O. du 03/03/99
(14) Arrêté du 22/01/2001 modifiant l’arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances psychotropes - J.O. du 26/01/2001
(16) Arrêté du 15/07/2002 modifiant l’arrêté du 22/02/1990 fixant la liste des substances psychotropes – J.O. du 23/07/2002
1ere Partie
Cette partie comprend les substances ci-après énumérées ainsi que leurs sels et les préparations renfermant lesdites substances ou leurs sels.

tableau III de la convention de Vienne

Amobarbital
Buprénorphine
Butalbital
Cathine
Cyclobarbital
Flunitrazépam (5)
Glutéthimide
Pentobarbital

tableau IV de la convention de Vienne

Allobarbital
Alprazolam
Amfépramone
Aminorex (5)
Barbital
Bromazépam
Brotizolam (5)
Butobarbital
Camazépam
Chlordiazépoxide
Clobazam
Clonazépam
Clorazépate
Clotiazépam
Cloxazolam
Délorazépam
Diazépam
Estazolam
Ethchlorvynol
Ethinamate
Fencamfamine
Fenproporex
Fludiazépam
Flurazépam
Halazépam
Haloxazolam
Kétazolam
Léfetamine
Loflazépate d’éthyle
Loprazolam
Lorazépam
Lormétazépam
Mazindol
Médazépam
Méprobamate
Méthylphénobarbital
Méthyprylone
Mésocarbe (5)
Midazolam
Nimétazépam
Nitrazépam
Nordazépam
Oxazépam
Oxazolam
Pémoline
Phénobarbital
Pinazépam
Pipradrol
Prazépam
Secbutabarbital
Témazépam
Tétrazépam
Triazolam
Vinylbital
Zolpidem (16)

2eme Partie
Cette seconde partie comprend les préparations ci-après mentionnées :

préparations autres qu’injectables renfermant de la benzphétamine ou ses sel ;
préparations autres qu’injectables renfermant du méfénorex ou ses sels ;
préparations autres qu’injectables renfermant de la phentermine ou ses sels ;
préparations injectables renfermant de l'acide gamma-hydroxybutyrique ou ses sels (16).

3eme Partie
Cette partie comprend les substances ci-après énumérées ainsi que leurs sels et les préparations renfermant lesdites substances ou leurs sels :

zaléplone (14)
zopiclone (10)

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 18 Jan - 11:35  SNIPPER02

Benzodiazépines et molécules apparentées
I - Présentation des molécules

Les benzodiazépines ayant fait l'objet de notifications au système national de pharmacovigilance sont par ordre alphabétique :

Alprazolam,
Bromazépam,
Clobazam,
Clorazépate,
Flunitrazépam,
Loprazolam,
Lorazépam
Prazépam.
Les autres substances apparentées :

Méprobamate,
Zolpidem
Zoplicone.
II - Mécanismes d'action

La cible principale des benzodiazépines est le récepteur au GABA de type A au niveau du cerveau. Les benzodiazépines se fixent sur le récepteur complexe et modulent allostériquement l'activité du canal chlore. Les benzodiazépines nécessitent la présence de GABA pour exprimer leur effet. Les benzodiazépines moduleraient la fixation du GABA sur son site de fixation et inversement, le GABA modifierait la fixation des benzodiazépines. Au total, les benzodiazépines augmenteraient le courant chlore du récepteur GABA-A activé et potentialiseraient ainsi les effets GABAergiques centraux.

Cette relation avec les récepteurs GABA-A a été confirmée par de nombreuses études de biologie moléculaire. Les études électrophysiologiques réalisées in vitro ont montré que l'augmentation du courant chlore induite par les benzodiazépines résultait principalement de l'ouverture massive des canaux chlore en présence de doses submaximales de GABA. Cependant, les effets amnésiants et hypnotiques pourraient faire intervenir d'autres mécanismes et notamment, une inhibition de la recapture de l'adénosine ou une modification de l'activité des canaux calciques.

III - Propriétés pharmacologiques

Les principaux effets des benzodiazépines sont :

sédatif,
anxiolytique,
hypnotique,
amnésiant (amnésie antérograde),
anticonvulsivant et myorelaxant.
Il n'y a pas d'effet dépresseur respiratoire aux posologies normales et les effets cardio-vasculaires sont minimes. Chez l'animal, dans les modèles d'anxiété, les benzodiazépines renforcent les activités locomotrices et de satiété habituellement diminuées lors d'un stress. La marge thérapeutique entre effet anxiolytique et sédatif varie chez les benzodiazépines et les modèles expérimentaux utilisés. Le développement d'une tolérance aux effets anxiolytiques des benzodiazépines fait l'objet de nombreux débats contradictoires. L'effet analgésique observé chez l'animal n'est retrouvé que très partiellement chez l'homme.

IV - Effets neurotoxiques

Les benzodiazépines peuvent induire une baisse de la vigilance, des sensations ébrieuses et une somnolence qui peuvent être préjudiciables chez le conducteur de véhicule ou l'utilisateur de machine. Ces effets peuvent être potentialisés par l'alcool et les autres dépresseurs du système nerveux central (SNC).

V - Effets toxiques autres

Les effets neurotoxiques cités ci-dessus sont en rapport avec la dose ingérée et la sensibilité individuelle du patient. La somnolence serait plus fréquente chez les personnes âgées. Des amnésies antérogrades et des effets paradoxaux ont été décrits chez certains patients. Les réactions cutanées et les modifications de la libido sont exceptionnelles.

VI - Effets psychopathologiques

Il existe chez certains patients une dépendance physique et psychique, même à dose thérapeutique. Cette " addiction " est favorisée par une prise prolongée (plusieurs mois, forte dose).

Il existe également une possibilité de mésusage avec les benzodiazépines de forte puissance et à demi-vie très courte. Il s'agit essentiellement de l'utilisation de benzodiazépines ou d'apparentés pour un usage criminel à type de soumission médicamenteuse. Il existe aussi une utilisation de benzodiazépines dans des conduites d'auto-soumission, facilitant le passage à l'acte (prostitution, agression, tentatives de suicide ...). Il s'agit essentiellement de benzodiazépines fortement dosées à action rapide (flunitrazépan, Rohypnol et chlorazepate dipotassique, Tranxène 50).

VII - Association, toxicité additionnelle

L'alcool et les dépresseurs du SNC majorent l'effet sédatif des benzodiazépines et l'altération de la vigilance des conducteurs de véhicule ou des utilisateurs de machine. Avec les morphiniques et la clozapine, il existe un risque accru de dépression respiratoire. Les toxicomanes peuvent associer benzodiazépine et méthadone pour potentialiser les effets. L'association benzodiazépine-cocaïne est essentiellement utilisée pour réduire l'effet anxiogène de la cocaïne. Chez les toxicomanes aux opiacés, l'association aux benzodiazépines est fréquente et s'explique par l'effet anxiolytique sur la survenue du syndrome de sevrage.

Amineptine
I- Présentation

Il s'agit d'un antidépresseur de structure tricyclique

II - Mécanismes d'action

L'amineptine inhibe principalement la recapture de la dopamine et possède à la fois des effets antidépresseurs et psychostimulants.

III - Pharmacologie générale

Chez l'animal et à fortes doses, l'amineptine se comporte comme le méthylphénidate ou la dexamphétamine (propriétés amphétaminiques).

IV - Effets neurotoxiques

L'amineptine peut induire chez certains patients une pharmacodépendance. Les posologies utilisées par ces patients entraînent la survenue de troubles psychiques (excitation, anxiété, insomnie, agitation, confusion, amaigrissement).

V - Effets indésirables

Des atteintes hépatiques ont été décrites avec ce produit et une surveillance particulière des patients est nécessaire. En cas de surdosage prolongé lors d'une toxicomanie, on peut observer l'apparition d'un syndrome acnéique particulièrement sévère.

VI - Effets psychopathologiques

Chez certains sujets, une addiction est possible, notamment en cas d'antécédent de dépendances à l'alcool, à des médicaments ou à des substances illicites. L'anorexie mentale et la boulimie sont également des facteurs de risque.

VII - Associations et toxicité additionnelle

Il n'existe pas de mention particulière.

Clobenzorex
I - Présentation

Il s'agit d'un anorexigène amphétaminique.

II- Mécanismes d'action

Il s'agit d'une amphétamine agissant par relargage au niveau des terminaisons nerveuses des stocks d'amines biogènes. Les principaux effets sont une anorexie et une action stimulante. Ces effets sont bloqués chez l'animal par un prétraitement par un inhibiteur de la tyrosine hydroxylase. L'effet stimulant observé sous amphétamines est probablement la conséquence d'une libération de dopamine dans le néostriatum. Cet effet dose-dépendant est observé pour les plus fortes doses in vitro. Des modifications de la perception et des effets psychotiques sont observés aux plus fortes doses et pourraient être en rapport avec la libération de 5-hydroxytryptamine et de dopamine dans le système mésolimbique.

III- Pharmacologie générale

Les amphétaminiques entraînent une augmentation de la pression artérielle associée ou non à une bradycardie réactionnelle. Il existe également un renforcement du tonus du sphincter vésical. L'effet anorexigène a été largement utilisé en thérapeutique humaine. Les amphétamines exercent un effet stimulant sur le SNC. Les effets psychiques sont fonction de la dose et de la personnalité du sujet. On observe généralement, pour des posologies moyennes, une hyperactivité, une baisse de la sensation de fatigue, une élévation de la thymie et des facultés de concentration. Un surdosage ou un usage prolongé se traduit par une dépression et une grande asthénie. Aux plus fortes doses et/ou sur terrain favorisant, on peut observer des confusions, une agressivité, des modifications de la libido, un délire, des hallucinations, des états de panique ou des pulsions homicides ... L'intoxication chronique comporte une sémiologie voisine de l'intoxication aiguë, notamment pour les effets centraux.

IV - Effets neurotoxiques

Similaires à ceux des amphétamines en général.

V - Effets indésirables

En dehors de l'hypertension artérielle pulmonaire qui semble exceptionnelle mais gravissime, on observe surtout des effets centraux à type de dépression, réaction psychotique, nervosité, agitation, troubles du sommeil, céphalées, vertiges, voire des convulsions. Les autres effets sont cardio-vasculaires à type d'hypertension, de palpitations, de tachycardie ou d'angor et, plus exceptionnellement, d'accidents ischémiques cardiaques ou cérébraux.

VI - Effets psychopathologiques

Cf. Pharmacologie générale et Effets indésirables. Un traitement prolongé risque d'entraîner une tolérance pharmacologique et une pharmacodépendance. Des troubles psychotiques peuvent être observés sur des terrains particuliers. La prise d'amphétamine peut modifier le comportement des conducteurs de véhicule ou des utilisateurs de machine.

VII - Associations, toxicité additionnelle

RAS.

Buprénorphine
I - Présentation

Il s'agit d'un analgésique de type agoniste-antagoniste morphinique.

II - Mécanisme d'action

La buprénorphine est un agoniste-antagoniste morphinique se faisant sur les récepteurs m et a cérébraux.

III - Pharmacologie générale

La buprénorphine présente des propriétés antalgiques et centrales voisines de celles de la morphine. La puissance d'effet de la buprénorphine représente 25 à 50 fois celle de la morphine. L'effet antalgique semble plus prolongé sous buprénorphine. La dépression respiratoire est retardée et prolongée sous buprénorphine.
Chez les toxicomanes, l'administration de buprénorphine entraîne des effets " morphine-like " (euphorie ...). en administration prolongée (8 à 16 mg SC ou SL/J - SC = sous-cutanée, SL = sublinguale), il y a une identification de la buprénorphine comme agent morphinique et les effets de l'injection parentérale de morphine sont atténués ou bloqués pendant une période pouvant atteindre trente heures.
Cependant, l'arrêt de la buprénorphine s'accompagne d'un syndrome de sevrage retardé débutant entre le deuxième jour et la deuxième semaine et comparable à celui observé avec la morphine mais avec une intensité moindre. Ce syndrome peut durer une à deux semaines. L'existence d'un syndrome de sevrage plus modéré en intensité avec la morphine explique en partie que le potentiel d'addiction à la buprénorphine est moindre.

La buprénorphine est utilisée chez l'homme comme antalgique et comme traitement substitutif des pharmacodépendances majeures aux opiacés. Selon l'article de Tracqui et al. (1998), il serait nécessaire de revoir les modalités de dispensation du Subutex (buprénorphine), dans le cadre des traitements de substitution. En effet, ils ont analysé de manière rétrospective ou prospective quarante-neuf cas de surdosage en buprénorphine, dont vingt mortels.

Il s'agissait de toxicomanes âgés de 14 à 48 ans comprenant trente-neuf hommes et dix femmes. Dans presque tous les cas, il y avait polymédication associée, essentiellement des benzodiazépines, et une administration intraveineuse (broyat de comprimés) était présente chez 18 des 49 patients.

La dépression respiratoire induite par la polymédication pourrait être responsable des décès recensés. Ces cas posent le problème de l'obtention des comprimés et de leur mésusage, qui est à mettre en balance avec les avantages obtenus en matière de toxicomanie, notamment à l'héroïne. Une enquête nationale de pharmacovigilance a été mise en route dès la fin de 1996 par l'Agence du médicament. Les réévaluations successives de cette enquête ont permis de modifier de façon régulière et significative la description des caractéristiques du Subutex, dans le cadre de son autorisation de mise sur le marché français.

IV - Effets neurotoxiques

Toxicité générale des opiacés.

V - Effets indésirables

Les principaux effets indésirables sont :

constipation,
céphalées,
insomnie, asthénie,
somnolence,
nausées, vomissements,
lipothymies et sensations vertigineuses,
hypotensions orthostatique,
sueurs ...
Plus exceptionnellement sont observées des dépressions respiratoires (en cas de mésusage ou association avec benzodiazépines) ou des atteintes hépatiques. L'association à l'alcool et aux dépresseurs du SNC majore la baisse de la vigilance (véhicules, machines). L'association aux benzodiazépines semble majorer le risque de survenue de dépression respiratoire pouvant avoir une évolution fatale. Le risque de pharmacodépendance reste faible.

VI - Effets psychopathologiques

L'administration de buprénorphine reproduit chez les toxicomanes un effet " morphine-like ". Cet effet est majoré par l'administration intraveineuse (à partir du broyat de comprimés et risque d'administration d'excipients dangereux par voie intraveineuse). Ses propriétés agonistes-antagonistes peuvent modifier en cas d'association les effets d'autres opiacés avec un risque de sevrage ou de dépression respiratoire. La buprénorphine peut entraîner la survenue d'un syndrome de sevrage.

VII - Association, toxicité générale

Effet potentialisateur possible sur l'euphorie entre buprénorphine et cocaïne, la cocaïne réduirait l'anxiété du syndrome de sevrage et la buprénorphine réduirait l'irritabilité des cocaïnomanes.

LSD
I - Présentation

Il s'agit d'un hallucinogène.

II - Mécanisme d'action

Les hallucinogènes ont une très grande affinité pour les récepteurs à la sérotonine de type 5HT-2 et pour d'autres sous-types de récepteurs. Il y a une bonne corrélation entre l'affinité pour les récepteurs 5HT-2 et le potentiel hallucinogène chez l'homme. La ritansérine, antagoniste des 5HT-2, réduit considérablement les effets des hallucinogènes chez l'animal (comportement et électrophysiologie).Cependant, le LSD est capable d'interagir sur de nombreux sous-types de récepteurs sérotoninergiques à concentrations nanomolaires et il semble actuellement difficile d'attribuer les effets " psychédéliques " aux seuls 5HT-2.

III - Pharmacologie générale

Les effets initiaux de type anticholinergique-sympathomimétique (tachycardie, hyperthermie, mydriase, salivation, larmoiement, piloérection, hypertension, nausées) débutent dans les trente à soixante minutes suivant la prise. Les effets psychoactifs débutent une à deux heures après et peuvent persister un à deux jours. Une dose de 25 mg est capable d'avoir des effets psychoactifs et une relation effet-dose est observée jusqu'à 500 mg. Une tolérance croisée a été mise en évidence chez l'animal entre LSD, mescaline et psilocybine.

IV - Effets neurotoxiques

L'utilisation répétée de LSD peut conduire à la survenue d'une ataxie, d'une incoordination motrice, d'une dysphasie, de paresthésie ou de tremblement. Des convulsions ont été rapportées. L'HPPD (hallucinogen persisting perception disorder) ou " flash-back " est observé chez un quart des anciens consommateurs. Les hallucinations visuelles persistantes représentent 50% des cas et témoigneraient d'une altération du système visuel.

V - Effets indésirables

Les sujets à risques individualisés sont les personnes présentant ou ayant des antécédents de schizophrénie ou d'instabilité mentale. Les épileptiques sont également des sujets à risque. Nausées, vomissements et diarrhée sont fréquemment observés.

Les effets sur le SNC peuvent être subdivisés en trois sous-types :

modifications de l'humeur : la prise de LSD peut s'accompagner d'une instabilité de l'humeur allant de l'euphorie à la dépression en passant par l'anxiété. Des états de panique ont été décrits et ils ont pu se compliquer de passages à l'acte.
hallucinations visuelles, tactiles, auditives ... Délires mégalomaniaques.
Signes neurologiques : ils s'observent plus fréquemment chez les consommateurs chroniques et se résument à ataxie, dysphasie, vertiges, paresthésie, incoordination et tremblement. Des comportements antisociaux ont été observés sans que la relation de causalité soit prouvée.
La " psychose " produite par le LSD est sémiologiquement très variable.

VI - Effets psychopathologiques

Ils sont plus fréquents chez les sujets à risque (schizophrénie ou antécédents de schizophrénie, et instabilité mentale). Les principaux effets sont la " psychose " induite, le risque de passage à l'acte et les comportements antisociaux. Le phénomène de " flash-back " peut persister chez certains anciens consommateurs.

VII - Associations, toxicité additionnelle

L'alcool, le cannabis et les neuroleptiques peuvent précipiter la survenue d'un " flash-back ". Les phénothiazines et les butyrophénones peuvent antagoniser les effets psychoactifs du LSD. Les benzodiazépines peuvent réduire également ses effets. La réserpine, les IMAO, le cannabis et les amphétamines peuvent majorer les effets psychoactifs du LSD.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 18 Jan - 11:37  SNIPPER02

Qui sont les toxicomanes ?
Pour répondre à cette interrogation, nous avons fait référence aux très sérieuses études épidémiologiques et cliniques effectuées par de nombreux spécialistes et chercheurs pluridisciplinaires. Depuis 1970, il existe dans le champ spécialisé de la toxicomanie des théories différentes concernant la personnalité du toxicomane. En effet, certaines hypothèses défendent l'existence d'une structure psychologique particulière chez les sujets toxicomanes (en particulier chez les héroïnomanes), alors que d'autres définissent la toxicomanie comme le symptôme de souffrance psychique ressentie par des sujets extrêmement variés, dont la structure psychologique n'a rien de spécifique puisqu'elle entre dans les catégories habituelles de la maladie mentale.

La personnalité du toxicomane existe-elle ? N'est-elle pas, au contraire, la résultante d'une construction imaginaire d'un fantasme véhiculé par certains spécialistes ? Le toxicomane nous est alors présenté comme une entité : le toxicomane type ! Or l'existence potentielle du toxicomane type, dans la fantasmatique des soignants, a surtout permis d'établir des théories rationnelles insistant sur le fait qu'il y aurait de " vrais " toxicomanes en opposition " aux faux toxicomanes ". S'arrogeant ainsi le pouvoir d'établir cette distinction entre " les vrais " et " les faux ", les spécialistes faisaient alors une différence radicale entre le toxicomane et les autres, c'est-à-dire entre le toxicomane et nous-mêmes.

Heureusement, les discours tenus dans les années 1970-1975 ont beaucoup évolué, en particulier dans les années 1981 lorsque la distinction entre usage et toxicomane a clairement été mise en évidence. La plupart des intervenants en toxicomanie confirment aujourd'hui la grande variété des personnalités qui constituent ce sous-groupe appelé toxicomanes. La toxicomanie résulte d'un phénomène interactif complexe, où de nombreux paramètres entrent en ligne de compte. La drogue n'est en fait qu'un des éléments qui contribuent à la construction de ces conduites dites déviantes, ou encore de ces nouvelles " sociopathies ". Nous retiendrons la définition donnée par l'ensemble des spécialistes :

" La toxicomanie résulte de la rencontre d'un individu, d'un produit toxique, et d'un moment de société. "

Nous ne devons pas oublier que le fondement de la personnalité repose, pour chacun d'entre nous, sur un passé, une histoire affective, un ancrage social, économique, culturel.

Les sources d'informations
Les sources d'information dont nous disposons proviennent du ministère de l'Intérieur, des statistiques des interpellations policières et judiciaires de l'Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (l'OCRTIS), de la direction générale des Douanes, des rapports d'activité des différentes institutions spécialisées, des études épidémiologiques et des recherches effectuées par le CNRS ou l'INSERM et des rapports effectués par la Mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie (MILDT).

Les chiffres annoncés ne peuvent être qu'approximatifs bien sûr, car il est impossible de repérer tous les usagers de drogue (revendeurs ou toxicomanes) qui vivent souvent dans la clandestinité. Seule la partie émergente du phénomène est quantifiable. Les toxicomanes ne sont pas là où les institutions officielles de contrôle les attendent.

De ce fait, certaines personnes dramatisent les faits réels. La toxicomanie frappe les imaginations et, là encore, il convient de relativiser les discours véhiculés et de vérifier la source des informations transmises. Les médias contribuent d'ailleurs à maintenir certains stéréotypes concernant non seulement les drogués mais la jeunesse dans son ensemble. Toutefois, on ne peut nier le besoin d'information dans ce domaine.

Il ressort de diverses investigations scientifiques et enquêtes journalistiques qu'il existe non pas une mais des conduites toxicomaniaques et que les caractéristiques de ces conduites sont variables. En effet la " population " des usagers de drogue évolue très rapidement, parfois d'une année sur l'autre. La drogue est consommée différemment selon les classes d'âge et les milieux sociaux; de ce fait, les toxicomanes ne constituent pas un groupe homogène. Si la toxicomanie demeure un problème social prioritaire qui préoccupe les gouvernements successifs, c'est parce qu'elle constitue une " menace " réelle pour les adolescents. Un article de l'hebdomadaire Le Point (7-13 juillet 1986) faisait état de " la menace qui pèse sur tous les enfants ", et se référait au rapport de l'OCRTIS : " Tout jeune, quelles que soient sa personnalité, son éducation, ses activités, l'ambiance familiale dans laquelle il vit, peut faire l'expérience de la drogue. " Dans le même article, le Comité national d'information sur la drogue affirme : " 5% de chaque tranche d'âge entre 12 et 16 ans (environ 35 000 jeunes chaque année) sont condamnés en raison de leur toxicodépendance à abandonner leurs études sans qualification, à devenir para-sociaux voués à des activités misérables pour gagner l'argent nécessaire à la satisfaction de leur besoin immédiat. " Enfin un rapport effectué par des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP) confirme : "Sept adolescents sur dix, âgés de 13 à 20 ans, touchent au moins une fois à la drogue : colle, solvants, volatils, cannabis, cocaïne, héroïne."

Pour procéder à l'étude de la personnalité des toxicomanes ou des conduites toxicomaniaques, les chercheurs font des enquêtes épidémiologiques auprès d'un nombre donné de toxicomanes (nombre souvent limité à ceux qui acceptent de répondre au questionnaire type). Le contexte thérapeutique permet une écoute plus affinée (étude clinique, analyse après-coup des situations vécues par le client). Selon Jean Bergeret et Guy Journet " l'étude de la personnalité profonde du toxicomane doit nous permettre de répondre à trois niveaux de questions :

Les toxicomanes se situent-ils dans un monde à part du nôtre ? Sont-ils différents de nous ? Sont-ils coupés de nous ?
Existe-t-il un mode de structure mentale spécifique et unique qu'il nous serait possible de qualifier de toxicomaniaque ?
Au-delà de la drogue employée, qu'existe-il de commun, de profond, de latent, derrière le phénomène toxicomaniaque ?
Nous avons retenu quatre variétés de paramètres qui nous renseignent sur les causes de la toxicomanie et qui précisent les caractéristiques (attribuées par les spécialistes de la psychopathologie de l'adolescent, les sociologues et les psychiatres) des populations toxicomanes :

l'adolescence,
la famille, la relation parent-enfant,
le contexte historique, culturel,
le contexte socio-économique.
Une distinction est généralement effectuée entre les approches portant sur l'organisation de la personnalité et la structure psychologique des toxicomanes dépendants (de type clinique) et les approches (de type sociologique) portant sur la toxicomanie comme " fait social ". Il est certain qu'à travers les monographies, interviews, enquêtes effectuées, on aperçoit "une constellation de facteurs mêlés en un agrégat compact, réduction qui anéantit la hiérarchie" causale "réelle de chacun des facteurs considérés".

Notre approche tient compte de deux formes d'investigation, toutes deux issues des sciences humaines :

la psychologie clinique
la psychosociologie.
Les toxicomanes ne sont nullement des êtres à part, des mutants, différents de nous. Ils ont été des enfants, puis des adolescents, avant de rencontrer la drogue. Tous les adolescents, qui prennent un jour de la drogue "pour faire comme les copains", ou "pour voir ce que ça fait", ne deviennent pas obligatoirement des toxicomanes (heureusement !). La cause profonde qui soutend le déclenchement d'une conduite toxicomaniaque trouve ses racines dans l'histoire individuelle de chaque sujet, car toute névrose est le symptôme d'un conflit intérieur mal résolu. Cependant, la trajectoire sociale des sujets intoxiqués démontre à quel point la toxicomanie est un facteur de marginalisation, d'inadaptation, de misère, quelles que soient les conditions de vie initiales de ces adolescents (dans leur famille). La drogue, s'ajoutant à la crise d'adolescence, a pour conséquence de favoriser une véritable déstructuration sociale.

Une population adolescente
La notion d'adolescent est une construction récente. La société a longtemps vécu sans se représenter l'enfant ou le jeune. Nous savons que l'enfant, à peine physiquement débrouillé, était autrefois mêlé à la vie des adultes et partageait leurs activités. A travers l'étude de Philippe Ariès, nous constatons ; "La famille ancienne avait pour mission très ressentie la conservation des biens, la pratique commune d'un métier, l'entraide quotidienne, la protection de l'honneur et des vies. Elle n'avait pas de fonction affective, le sentiment entre les époux et entre les parents et les enfants n'était pas nécessaire à l'existence ni à l'équilibre de la famille : tant mieux s'il venait de surcroît."

La crise d'adolescence : une crise d'insertion dans le monde des adultes

Pourquoi les adolescents constituent-ils des sous-groupes, des bandes ? S'agit-il d'une micro-société produisant ses propres valeurs, ses systèmes de références, ses langages ? Doit-on parler d'une sous-culture adolescente qui valoriserait les comportements antisociaux et la marginalisation pour se différencier des adultes ? Quelle serait alors la fonction de la drogue pour tous ces jeunes ?

Pour trouver des éléments de réponse à ces interrogations, il faut, dans un premier temps, redéfinir la notion d'adolescence. La différenciation entre l'enfant et l'adolescent se fait tout d'abord en tenant compte des bases physiologiques qui permettent de repérer la puberté. Ces signes de développement pubertaire (imprégnations oestrogéniques, croissance, apparition des seins et des menstruations chez la fille; croissance, pilosité, acné, première éjaculation chez le garçon) et leurs corollaires psychologiques permettent de distinguer deux phases institutives de l'adolescence : une première phase de maturation biologique, une seconde phase de maturation psychologique.

Piaget a mis en évidence la transformation de la pensée chez l'enfant, qui passe par le stade de la pensée concrète (7-12 ans) et par celui de la pensée formelle.

Les progrès de la logique chez l'adolescent permettent son insertion dans la société adulte. L'accès aux valeurs morales abstraites place l'adolescent devant ses responsabilités. " La découverte de la psychanalyse par S. Freud éclaire ce processus de maturation qui succède à la phase de latence. "Après S. Freud, chacun reconnaîtra l'importance de la puberté, le rôle joué par l'accession à la sexualité, et par là même le regroupement des pulsions partielles sous le primat de la pulsion génitale."

Selon Anna Freud et Erikson, la puberté serait la dernière chance de résoudre le conflit oedipien. Durant cette période de sa vie, l'adolescent affronte ses parents et se trouve dans la quasi-obligation de les rejeter pour pouvoir grandir et accéder à une certaine autonomie. Le docteur Branconnier et D. Marcelli précisent dans leur ouvrage : "La réaction des conflits oedipiens fait rejaillir le risque d'un inceste qui, cette fois, pourrait être réalisable." C'est l'âge où le futur adulte va devoir assumer l'angoisse de castration, ce qui signifie : assumer la différence, le manque, l'incomplétude. La résolution du complexe d'Oedipe passe par l'abandon de l'imago parental, en tant qu'objet libidinal; le sujet " introjecte " les interdits parentaux.

En faisant référence aux travaux de Philippe Ariès, il nous a paru intéressant d'observer que les échanges affectifs et les communications sociales étaient assurés en dehors de la famille par un milieu très dense et très chaud, composé de voisins, d'amis, d'enfants et de vieillards, de maîtres et de serviteurs, de femmes et d'hommes, où l'inclination jouait sans trop de contrainte. Les familles conjugales y étaient diluées. Les historiens français appellent "sociabilité" cette propension des communautés traditionnelles aux rencontres, aux fréquentations, aux fêtes. Lorsque l'enfant était en âge de travailler, il rejoignait le monde des adultes en devenant un homme, sans passer par les étapes de la maturation que représente l'adolescence. Rappelons que l'entrée dans le monde du travail se faisait à l'âge de 8 ans et que les notions de pré-adolescence et d'adolescence (qui sont des constructions sociologiques récentes) n'existaient pas.

En France, entre 1830 et 1855, un ouvrier sur huit était un enfant. Il faudra attendre 1936 pour que l'âge d'entrée dans la vie active et professionnelle soit fixé à 14 ans. Aujourd'hui, cet âge a été repoussé à 16 ans. L'entrée dans le monde adulte est de plus en plus tardive. L'accès à la vie professionnelle est médiatisée par de longues périodes de formation, retardant parfois la stabilisation des individus.

La psychologie de l'enfant va se développer dès le début du XXème siècle, transformant du même coup l'élevage des tout-petits, l'éducation, la pédagogie. La famille va redonner une place privilégiée à l'enfant, lui accorder de l'affection, veiller à son épanouissement et à ses loisirs, mais elle va également retarder son entrée dans la vie. Parallèlement à cette évolution, la jeunesse va s'affirmer en s'opposant aux valeurs des adultes. L'adolescence est une période intermédiaire qui s'étale sur plusieurs années. Cependant, dans la vie quotidienne, le passage de l'enfant à l'adulte se fait progressivement dans un continuum. La notion d'adolescence opère dans ce continuum une série de coupures qui relèvent d'un arbitraire social. En désignant socialement les différentes étapes de construction de l'adulte, on introduit des segmentations artificielles et des ruptures qui participent à leur tour à la construction des problèmes sociaux, celui des jeunes en particulier. En ce sens la "guerre des générations" est liée à l'évolution de la société industrielle. Nous retiendrons de cette approche psychanalytique de l'adolescence, qu'il existe une crise normale de l'adolescence, dont la résolution est toujours partielle.

Les psychanalystes, Anna Freud, Blos, Kestemberg, Erikson, Cordeiro, ont décrit la phase normale de la crise d'adolescence, qui débouche sur "le choix d'objet hétérosexuel", en opposition à la crise d'adolescence pathologique. La réorganisation totale de la personnalité de l'adolescent implique un travail de deuil douloureux, "travail" qui ne peut se faire sans engendrer une perturbation des relations que le sujet entretient avec le monde extérieur.

Une dépression ou morosité peut accompagner cette profonde mutation intérieure. Si, par ailleurs, surviennent à ce moment certains traumatismes liés à la vie familiale ou sociale, la crise d'adolescence peut engendrer des problèmes psychologiques. Pour des raisons intra-psychiques, la crise d'adolescence peut favoriser l'émergence de divers symptômes réactionnels : troubles du comportement ou encore troubles psychosomatiques. Engagé dans une lutte qui oppose une réalité extérieure à la réalité subjective du monde intérieur, l'adolescent va régresser.

Dans certains cas, ces symptômes phénoménologiques seront l'expression d'une névrose (névrose d'échec, névrose d'inhibition) ou, ce qui est plus grave, d'une dissociation psychotique. Par ailleurs, les adolescents de notre société moderne ont d'autant plus de mal à trouver "leur identité" que plusieurs modèles d'identifications contradictoires leurs sont offerts (transformation des rôles masculins et féminins, libération de la femme, transformation de l'image de la famille ...). On pourrait dire qu'aux problèmes personnels des adolescents s'ajoutent d'autres difficultés générées par les changements culturels de notre société. Retenons que l'état "morose" est un syndrome qui se caractérise par un refus d'investir le monde. L'adolescent, confronté aux frustrations du monde réel, ne parvient pas à supporter la vie quotidienne.

La symptomatologie
Voici les différentes symptomatologies qui caractérisent la crise d'identité chez l'adolescent psychopathe.

Le passage à l'acte

Le comportement antisocial de l'adolescent est caractérisé par le "passage à l'acte". L'impulsion, l'expression violente d'un refus ou d'une révolte, une manifestation brutale et parfois imprévisible de l'agressivité rendent les psychopathes dangereux pour la société. Ce type de comportement est "agi" par une violence intérieure qui, selon les cas, est tournée vers les autres (coups, violences sexuelles, délits, vols, détériorations de matériel) ou au contraire portée contre soi-même (automutilation, suicide).

La faiblesse du " moi "

Cette notion éclaire les conduites psychopathologiques de l'adolescent. Ces sujets ont un seuil de tolérance de la frustration et de l'angoisse plus bas que la moyenne, qui entrave leurs possibilités d'adaptations sociales, une difficulté liée à une capacité de sublimation insuffisante, une impossibilité à dominer leurs pulsions.

Les carences affectives

Les carences précoces (mauvaise relation à la mère) empêche le processus de maturation du nourrisson, en particulier ses possibilités d'investissement narcissiques. Des ruptures, des manques menacent l'évolution de l'adolescent ultérieurement, car son " image du moi " n'est pas investie par lui d'une manière solide, permanente, et stable.

La dépression, le deuil

Les adolescents passent fréquemment par une période où leur humeur change et devient dépressive. Cette modification de l'humeur s'accompagne très souvent d'un sentiment de dévalorisation, une dépréciation. Une dépression peut s'installer sur ces bases, à savoir une déstructuration narcissique (c'est un signal d'alarme). Pour tout adolescent, cette phase comporte des risques, puisque le "moi affaibli" s'engage dans "un travail de deuil douloureux" (abandon des imagos parentaux) qui est d'ordre dynamique.

L'auto-punition

Quelles que soient les stratégies et les trajectoires des toxicomanes, cette transgression vers un ailleurs se termine par un mal être, un mal de vivre redoutable. La drogue redouble à sa manière la difficulté d'exister dans la réalité sociale. Les toxicomanes qui ne parviennent pas à contrôler leur appétence pour une drogue, et ne peuvent l'utiliser sporadiquement, en dépendent. Parfois ils en meurent, et cela est suffisant pour que nous comprenions la gravité de leur problème.

La guerre des générations
Les études sociologiques contemporaines mettent en évidence les problèmes de la jeunesse et nous renseignent sur les facteurs qui contribuent à favoriser ce que l'on a appelé "la guerre des générations". Les premières études concernant la jeunesse datent de 1891. En 1905, le livre de Stanley Hall, Adolescence, a un retentissement mondial. M. Mead, G. Mendel, E. Morin s'intéressent aux comportements des adolescents et aux phénomènes de masse qui apparaissent dans toutes les sociétés industrialisées. C'est vers 1960 qu'est né le concept de "guerre de générations" ou de "crise d'adolescence", dans un contexte marqué par les bouleversements culturels et politiques qui secouèrent les États-Unis à cette époque. Un rapport de l'ONU fait état de manifestations étudiantes dans cinquante pays en 1968 où la jeunesse constitue une "classe à part", qui s'octroie le droit d'interroger les adultes sur le monde moderne, à travers des considérations philosophiques, éthiques et politiques. "Les mots clés du rapport de l'UNESCO de 1968 étaient : confrontation-contestation, marginalisation, contre-culture, contre-pouvoir, culture des jeunes. Les jeunes étaient alors perçus comme un groupe historique, distinct et identifiable ... Cette génération a été séparée des aînés par un énorme fossé."

En France, dès 1970, de nombreuses enquêtes sont menées sur les jeunes. Il ressort de ces investigations (déjà anciennes) que les jeunes se sentent solidaires les uns des autres, et que la contestation équivaut, pour la majorité d'entre eux, à un rite initiatique précédant l'entrée dans la vie active. Beaucoup sont angoissés par leur devenir et ressentent un malaise individuel, un sentiment de "ras le bol" qui débouche sur la contestation ou la transgression. La bande d'adolescents correspond à des besoins : trouver des modèles d'identification (rôle du leader); remplir une fonction protectrice et sociale; posséder sa vie propre, faite de regroupements, d'alliances, de ruptures, d'histoires d'amour et de haine. "On observe le déplacement sur le groupe de la problématique paranoïde potentielle de l'individu adolescent." Par ailleurs, les générations d'adolescents changent très rapidement. La crise conjoncturelle qui sévit dans notre monde moderne débouche sur des angoisses existentielles liées au chômage, à la révolution technologique, à la baisse du pouvoir d'achat, au risque d'être propulsé dans la nouvelle pauvreté. De ce fait, les préoccupations de la jeunesse actuelle sont différentes de celles de leurs aînés. Le rôle de la famille évolue également car, dans cette période de déstructuration sociale, les rapports parents-enfants participent en grande partie à la construction de l'adolescent : La famille aussi bien dans ses fonctions externes socioculturelles que dans ses fonctions internes propres au psychisme de chacun (image parentale et type de relation d'objet) structure et organise l'évolution de l'adolescent.

Gérard Mendel interprète "la crise des générations" comme l'impossibilité pour l'adolescent d'affronter le conflit oedipien dans la société actuelle. Il oppose : le père (c'est-à-dire le social, le progrès, la technologie) à la mère (c'est-à-dire la nature archaïque et forte, qui règne sur l'inconscient collectif par des forces irrationnelles). selon lui, l'adolescent ne peut rivaliser avec un père auquel il ne peut s'identifier, un père social, faible, châtré, écrase par le progrès scientifique, d'où son refus de l'héritage socioculturel qui lui est légué. " La crise d'adolescence se définit comme l'impossibilité pour l'adolescent d'affronter victorieusement le conflit oedipien. En effet, le père social, la culture se trouvent étouffés par la nouvelle nature technologique : la mère archaïque, forte, règne à nouveau sur l'inconscient rendant impossible l'identification au père social. Comment, en effet, s'identifier à un père social faible, châtré ? De même, l'adolescent ne peut qu'aller en refusant toujours davantage l'héritage socioculturel, l'acquis de la civilisation dans la mesure où cet héritage et cet acquis sont inconsciemment appréhendés comme n'ayant pas suffi à faire le poids devant la mère. "

De nombreux sociologues émettent d'ailleurs l'hypothèse d'un lien entre "la crise d'adolescence" et "la crise de société". A ce sujet, Jean Duvignaud écrit :

"Entre la fin de l'adolescence et l'établissement dans la société, s'étend un marais qui n'a pas de place déterminée. C'est le moment où les jeunes s'affrontent aux institutions établies par les générations précédentes."

Par ailleurs, la civilisation est, elle aussi, traversée par des crises, peut-être nécessaires à sa croissance et à son évolution. Nous pouvons comparer ces deux phénomènes sociologiques : la crise de la civilisation occidentale et la crise d'adolescence. Par extension, la guerre des générations, traduite par une rupture de la communication entre adolescents et adultes, pourrait être interprétée comme une réaction de défense inconsciente des jeunes contre le monde moderne qu'ils n'ont pas choisi et qu'ils subissent parfois. Lorsqu'on a 16 ou 18 ans, on a besoin de se forger un idéal et de croire en certaines valeurs.

Adolescence et toxicomanies
Certes, l'adolescence est une période de mutation dans la vie d'un individu qui va quitter l'enfance pour entrer dans le monde des adultes. Cette lente transformation, physiologique et psychologique, s'accompagne souvent de troubles caractérisés par l'opposition, le refus de l'autorité parentale ou le déni de la réalité. C'est pourquoi il serait dangereux de plaquer trop rapidement un diagnostic de "malade mental" sur des adolescents qui éprouvent le besoin de transgresser la loi sociale, ou adoptent un comportement qui paraît pervers et destructeur, car à cette époque de la vie rien n'est figé. La drogue est utilisée par certains jeunes pour régler temporairement des problèmes affectifs inconscients; elle devient alors un objet fétiche, auquel les "initiés" attribuent des pouvoirs "magiques". Le produit est censé combler leur manque affectif ou les protéger de la réalité trop frustrante.

La drogue favorise une confrontation de l'individu avec ses limites psychiques et organiques. Mais, corollairement, elle entraîne une fuite de la réalité sociale, un évitement des contraintes, des obligations, des responsabilités. L'individu qui se drogue régulièrement adopte un mode de vie qui porte en germe un retrait narcissique, un repli sur soi. La toxicomanie aboutit souvent à l'impasse d'une jouissance immédiate, absolue et tyrannique. Si, pour certains adolescents, la drogue est une "épreuve" qui a valeur d'initiation, nous devons essayer d'en comprendre la cause. Les phénomènes de contre-culture qui se sont développés aux États-Unis dans les années 1960, et dix années plus tard en Europe, sont à ce titre riches d'enseignements. Nous avons cherché à discerner les principales caractéristiques de ce mouvement, afin de mettre en évidence les corrélations existantes entre la montée du phénomène de drogue et la crise de la société occidentale qui est entrée dans la phase de la "post-modernité".

Si, dans les années 1970, la jeunesse du monde occidental recherche au moyen de l'usage de substances toxiques un "ailleurs", mais aussi de nouvelles valeurs existentielles, il n'en est plus de même en 1980. Le sens de la consommation de drogue a lui aussi changé. Nous avons tenté de résumer cette évolution des modes de consommation et des populations droguées.

Le mode postmoderne

La "société de consommation" débute avec le XXème siècle. Elle illustre la rapide transformation du système économique et social qui secoue les sociétés industrielles après la seconde guerre mondiale. Il est intéressant de noter que la consommation en masse des produits manufacturés va coïncider, dès les années 1960, avec la consommation en masse de produits toxiques et chimiques. Selon certains auteurs, la toxicomanie est un révélateur qui éclaire les tensions, les inquiétudes et les malaises qui oeuvrent en profondeur à la refonte sociale du monde postmoderne. Les années 1960 seraient en ce sens une tentative collective de remise en cause des valeurs puritaines qui caractérisaient le monde moderne.

Le monde dans lequel nous vivons s'appuie sur la foi en la science, le culte de la personnalité et la recherche du plaisir individuel, autrement dit l'égocentrisme narcissique et l'hédonisme, comme nous l'explique Fernando Gébérovich?. Ne voyons-nous pas se profiler à travers la description de l'homme postmoderne. ce curieux personnage appelée "le toxicomane" qui veut tout, et tout de suite !

Le mouvement de contre-culture aux États-Unis
Le phénomène hippie

Ce phénomène débuta à San Francisco aux alentours des années 1960 dans un contexte politique et philosophique marqué par les premiers mouvements contestataires qui avait vu naître les Beatniks dix ans auparavant. De célèbres écrivains et poètes chantent alors les louanges de l'extase que procure la drogue. Jack Kerouack, Allen Ginsberg, W. Burroughs, Timothy Leary deviennent les poètes de la Beat Génération ".

Le refus de la société de consommation

Avec le mouvement hippie, cette fois encore, la jeunesse américaine s'oppose aux valeurs des adultes (il s'agit principalement d'étudiants issus de classes sociales privilégiées). En 1967, le phénomène hippie s'étend à toute l'Amérique, alors que la guerre au Viêt-nam s'intensifie. En 1969, ces étudiants contestataires se politisent. Ils participeront à la lutte pour les droits civiques des Noirs, et contre la guerre au Viêt-nam. Ils organiseront d'importantes manifestations dans les campus, où ils dénoncent les valeurs de la société de consommation. Ils prônent la non-violence (sous l'influence de Ghandi et M. Luther King) et créent un slogan devenu célèbre "Peace and love ". Par ailleurs, Marcuse dénoncera le système établi et sa capacité à récupérer tous les désirs et les motivations de l'individu, pour les mettre au service du système de production.

La recherche de nouvelles valeurs

C'est également l'époque des rassemblements gigantesques autour des concerts rock dont le plus important fut celui de Wood Stock. Beaucoup vivent en communauté et consomment des "soft-drugs" ou "drogues douces", en particulier de la marihuana et des champignons hallucinogènes ou du LSD dont Timoty Leary s'est fait le promoteur. La drogue n'est pas une fin en soi, elle est utilisée pour mieux réfléchir, découvrir des perceptions nouvelles, favoriser l'élargissement du champ de conscience individuel. De nombreuses productions artistiques (musique, cinéma, théâtre, poésie) vont donner lieu à la création du mouvement psychédélique. La drogue sera cependant associée à l'horreur lorsqu'en 1969 Sharon Tate, (la femme de Roman Polanski) est exécutée, ainsi que plusieurs de ses amis, dans sa villa de Los Angeles, par une secte dirigée par un dément (la drogue aurait servi à permettre le crime rituel abominable).

La route des Indes

La route . Les précurseurs "faisaient la route", parce que la route est synonyme de cheminement et que le bonheur est une quête. Il faut abandonner toutes ses valeurs anciennes, tout quitter, et partir ... Ils ne croient plus au progrès scientifique, qui ne leur a pas apporté le bonheur qu'ils espéraient. Ils ont soif d'absolu.

Les Indes. Parce que l'ordre social que l'on quitte n'offre pas de finalité, l'homme nouveau ne peut naître qu'ailleurs, projeté dans un autre monde matériel et spirituel Il lui faut un mode favorable à l'éclosion de ses nouvelles valeurs et à la révélation de la sagesse. Ce sera Katmandou au Népal.

La fin des utopies

Francis Marion, du service social auprès du consulat général de France à Bombay, en 1976, nous dit : "Je parlerai volontiers de l'échec de la philosophie hippie, ou plutôt de la prise de conscience de leur échec par les hippies eux-mêmes. Ils sont en effet inexistants, ceux qui, parmi le flot migrant, parlent encore des freaks comme d'un peuple vivant. L'idée de la construction d'un hippiland est totalement abandonnée, et les penseurs du mouvement se sont tus depuis longtemps ..Le junkie, c'est celui qui se "pique" à n'importe quoi, risquant la mort à chaque intraveineuse; c'est en définitive un hippie qui a perdu l'espoir. La route des Indes correspond à un mouvement de migration des jeunes Occidentaux. Migrations en masse, qui est un phénomène récent. Le mouvement initial vient des communautés puissamment motivées, qui s'étaient constituées en Californie. Il en reste une image d'Épinal de jeunes à la chevelure fleurie des années 1960. Le mouvement a changé, il est l'héritier des précurseurs, mais il a subi les revers dont la drogue fait partie . Beaucoup de ces jeunes sont depuis longtemps retournés dans le système" .

Le mouvement de contre-culture en France
Les marginaux

Les événements de mai 1968 ont vu apparaître une nouvelle idéologie : le gauchisme, fondée sur une vision dichotomique du monde. Deux classes s'opposent : la bourgeoisie et le prolétariat. Les étudiants quittent l'Université pour rejoindre les ouvriers à l'usine. Mais l'identification étudiants-prolétariat va échouer. Un certain nombre de ces jeunes étudiants, issus de milieux aisés ou appartenant à la petite bourgeoisie, vont se retrouver hors du système de production et vont progressivement se marginaliser. Déçus, ils rejoignent les communautés et vivent en marge du système social (retour à la terre). c'est dans ce contexte politique que s'inscrit le phénomène d'intoxication en masse de jeunes appartenant à toutes les classes sociales. La marihuana, le LSD et les hallucinogènes sont consommés dans les milieux intellectuels fascinés par le mouvement hippie. Bien qu'il soit extrêmement difficile de dater avec précision l'apparition de ce phénomène social en France, on a coutume de dire qu'il date des années 1970-1971. C'est du moins à partir de cette époque que la presse fait état de plusieurs décès par overdose. Rapidement, on va considérer la toxicomanie comme un fléau national. La loi de 1970 est votée.

La banalisation de la drogue (1974-1975)

Il ressort des études épidémiologiques de ces dernières années que la toxicomanie est liée à un phénomène de dépression collective, qui a succédé à l'échec des étudiants et des intellectuels après 1968 (dépression, "craquage" des jeunes partis à la recherche d'un mythe, d'une utopie, et qui rencontrent le marché de la drogue). Les drogues qui tendaient à développer l'inspiration esthétique, artistique et l'auto-analyse, ont été remplacées par l'héroïne dans un contexte de violence, d'insécurité, de pauvreté.

Les choses ont bien changé depuis 1968. Aujourd'hui, le vécu de la drogue semble dominé par le besoin de "s'écrouler", être absent du monde. En effet, l'usage de la drogue est loin d'être un support de communication (réelle ou illusoire) entre les jeunes. La prise de produit renvoie l'individu à sa solitude en témoigne la progression des drogues majeures (héroïne), des médicaments (barbituriques), des solvants, qui s'ingèrent seuls sans rite, sans guide, et qui ont pour effet de favoriser le retrait du monde extérieur. Plus que jamais on peut parler de fuite du réel, sans qu'il y ait cependant véritablement refuge dans le symbolique ou le sacré fantasmatique. Actuellement, la toxicomanie est encore une forme de marginalisation ou de refus de la vie sociale, mais ce "refus" individuel ne s'appuie sur aucune idéologie. Cette attitude s'accompagne très souvent d'une violence faite à soi-même, d'un processus d'auto-destruction ou d'exclusion. Mais, là encore, gardons-nous bien de généraliser.

Les toxicomanes ne constituent pas un sous-groupe homogène .Il existe plusieurs cas de figures ; certains individus se droguent tout en continuant à travailler, d'autres vivent en couple, d'autres encore chez leurs parents. Le phénomène drogue s'est en quelque sorte banalisé et n'engendre plus les mêmes réactions de panique et de rejet de la part de l'entourage. Le sociologue Gérard Mauger nous explique, d'un point de vue sociologique, comment une "consommation de drogue contre-culturelle" a pu devenir "un fléau social" en quelques années. Il décrit le résultat des deux enquêtes qu'il a effectuées entre 1972 et 1975, après s'être promené partout en France durant trois ans, de communauté en communauté, de lieux de rendez-vous en lieux contre-culturels ... et, en 1979, parmi les jeunes ouvriers de la banlieue parisienne.

Dans la première enquête, il souligne que la drogue apparaît comme un "balisage" d'un phénomène de contre-culture, alors que dans la seconde enquête la drogue est devenue un " fléau social ".

On parle de "banalisation" et de "démocratisation" de la drogue à compter de 1974. G. Mauger confirme l'hypothèse selon laquelle il y aurait eu "banalisation ou démocratisation de la drogue à un moment précis .." , car il constate que le phénomène s'est surtout étendu aux banlieues des grandes villes, dans les couches populaires, dans les campagnes, et concerne, non plus les anciens gauchistes, les marginaux, les étudiants déçus ou les petits bourgeois, mais tous les milieux sociaux.

Revenir en haut Aller en bas

Message   Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum