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Adolescence et Prévention

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18012014

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Adolescence et Prévention




Introduction
Interview de Philippe Jeammet, chef du service de psychiatrie de l'adolescent et du jeune adulte à l'Institut mutualiste Montsouris.
Propos recueillis par Claire Chartier et publiés dans L'Express N° 2759 du 17/05/2004.
© copyright L'Express Claire Chartier

Présentation
Il déteste l'esbroufe et les formules qui claquent. Mèches neigeuses et franche poignée de main, Philippe Jeammet fait figure de vieux sage dans la cohorte très fournie des «médecins de l'âme».
Les ados mal dans leur chair et dans leur tête, il connaît. Depuis plus de trente ans, ce chef du service de psychiatrie de l'adolescent et du jeune adulte à l'Institut mutualiste Montsouris - une unité pionnière dans les troubles du comportement - tente d'arracher anorexiques et boulimiques aux sirènes de l'autosabordage.
L'adolescence est un âge «contradictoire» où «le rejet de l'adulte est à la mesure du besoin qu'on en a», résume Philippe Jeammet.
Ce thérapeute aux formules limpides, qui préside également l'Ecole des parents d'Ile-de-France, a participé à la préparation de la prochaine Conférence ministérielle sur la famille, prévue pour l'été prochain. Avant ce grand rendez-vous, consacré cette année à l'adolescence, il met à nu nos ados «aquoibonistes», plus chouchoutés que jamais

L'interview
Dans un récent sondage de la Sofres, 85% des adolescents se disent bien dans leur peau. La plupart des très nombreux ouvrages qui sortent chaque année sur la puberté présentent pourtant cette période comme un chemin de croix. Pourquoi un tel décalage?
De nos jours, tout le monde se dit «en souffrance» pour tout et n'importe quoi. Je crains que l'utilisation abusive de ce terme n'ait un effet délétère, en parant la douleur d'un halo romantique.
L'adolescence n'est pas obligatoirement violente ou douloureuse. Dans leur grande majorité, les jeunes vont même mieux qu'avant, car la société leur offre plus de possibilités d'expression, plus de chances de réussite, plus de moyens d'emmagasiner des connaissances.
Mais ces facilités rendent plus scandaleux le fait que 15% des jeunes aillent mal. D'autant que ces adolescents expriment leurs difficultés de façon plus spectaculaire que naguère: les troubles du comportement, comme la toxicomanie, la délinquance, les dérèglements alimentaires ou les scarifications, sont en augmentation, ou du moins plus visibles et mieux repérés.

Comment expliquez-vous cela?

Les jeunes, à l'instar des adultes, parlent plus facilement de leurs problèmes. Lorsque l'hebdomadaire Elle a publié le premier article sur la boulimie, il y a vingt ans, la rédaction a reçu 3 000 lettres dans la semaine!
Derrière ces maux se cache l'angoisse de la performance. Aujourd'hui, il ne s'agit plus d'être conforme aux normes, mais d'aller toujours plus loin. De nombreux adolescents ressentent cette pression au travers de leurs parents. Les adultes sont pris dans une contradiction: d'un côté, ils estiment que la réussite passe par l'acquisition d'un maximum de savoirs et de biens matériels; de l'autre, ils pensent que rien ne sert de se battre, puisque le chômage les menace. Ils en arrivent à être trop tolérants face au manque de travail ou à ne pas assez s'inquiéter de l'absence de motivation de leurs enfants, qu'au fond ils comprennent trop bien!
Malheureusement, ce type de comportement n'a pas du tout les mêmes conséquences chez un adulte, qui a déjà fait la preuve de ses capacités, et chez un adolescent, qui a encore tout à prouver. Certains adolescents ressentent l'intensité de leurs envies comme une menace pour leurs parents et retournent cette force contre eux en se sabotant.

Terrible renversement! Comment analysez-vous cette phase si paradoxale de l'adolescence?

C'est l'âge de la vie au cours duquel l'être humain doit s'émanciper pour aller vers le monde adulte tout en ayant encore besoin de la protection dont il jouissait dans l'enfance. L'adolescent redoute de se confronter au monde des adultes, mais, comme l'idée de se cramponner aux parents lui est tout aussi insupportable parce qu'elle affaiblit son autonomie naissante, il se rend désagréable en s'opposant ou, au contraire, en restant collé à ses parents.
L'adolescent qui va mal ressemble au Corse de la blague, qui dit à son copain: «Tu as regardé ma sœur, qu'est-ce que tu lui veux?», avant d'ajouter aussitôt: «Quoi, tu l'as pas regardée? Tu ne la trouves pas belle, peut-être?»

Les ados les plus révoltés sont donc aussi ceux qui sont les plus dépendants des adultes?

Absolument! Plus l'adolescent a peur, plus il est tenté de faire peur pour dissimuler son anxiété. Ce n'est pas tant l'amour que l'inquiétude qui dicte sa dépendance, inquiétude accentuée par toutes les questions que le jeune se pose sur son corps.
Parfois, l'adolescent a trop besoin des autres, et ce «trop» est très lourd à digérer. Si une anorexique ne mange pas, ce n'est pas parce qu'elle veut mourir, mais parce qu'elle a peur de ne plus pouvoir s'arrêter si elle se met à manger.
En arrière-fond, on trouve deux angoisses humaines fondamentales: l'angoisse d'abandon et l'angoisse de fusion ou d'intrusion: «On s'occupe de moi, donc on m'envahit, on met au jour tous mes défauts.»
Lorsque les ados lancent à leurs parents: «Tu me prends la tête», ils ne voient pas que c'est l'intensité de leur attente qui les rend si réactifs. Ils tentent de résoudre la contradiction qui les habite en broyant du noir, en présentant leurs échecs comme un choix personnel, alors que c'est la peur qui dicte leur comportement: la peur d'être débordé par leurs envies, de ne pas être à la hauteur de ce qu'ils imaginent que les autres exigent d'eux.
Au fil du temps, ils risquent de se construire une identité et une différence dans le malheur plutôt que dans le plaisir, et d'utiliser la stratégie du refus comme une drogue: «Plus je refuse, plus je me sens fort, et donc plus j'existe et plus j'ai de pouvoir sur les autres.» L'engrenage dure parfois des années.

Comment les parents peuvent-ils mettre fin à cette spirale?

D'abord, en prenant conscience des inévitables contradictions de l'adolescence, et en cessant de s'en vouloir de ne pas être les parents qu'ils rêvaient d'être!
Ensuite, en posant des limites et en disant à l'adolescent: «Nous ne pouvons pas accepter que tu gâches ainsi tes potentialités, quelles que soient tes difficultés, parce que ce que tu t'infliges est trop injuste.»
Il y a des choses qu'on ne doit pas tolérer: le manque de travail, l'agressivité…
Le meilleur encouragement, c'est le plaisir des parents à faire ce qu'ils font et leur intérêt pour la vie et le monde.
Et la meilleure façon de donner confiance à son adolescent est de lui permettre de faire ses propres expériences, à distance de la famille. Rester collé à son enfant, lui céder sur tout en pensant qu'il ira mieux ainsi est une erreur : cette attitude conforte le jeune dans l'idée qu'il ne pourra jamais se débrouiller. Prenez l'école. Les parents croient bien faire en aidant l'adolescent à rédiger ses devoirs. Le risque, c'est que ce dernier attribue ses bonnes notes aux adultes, et non pas à lui-même.
En cas d'échec scolaire, le recours aux études surveillées et à l'internat me paraît une bien meilleure solution. Les séparations provisoires, pendant les vacances ou à l'occasion d'un séjour à l'étranger, sont aussi très bénéfiques.

Mais, pour des parents inquiets, accepter l'éloignement n'est pas facile!

Vivre, c'est prendre des risques. De toute façon, lorsqu'un adolescent dérape, son entourage s'en aperçoit vite : il se replie sur lui-même, sabote ses potentialités, ne peut prendre du plaisir qu'en se mettant en danger… C'est la grande tentation humaine du nihilisme, qui nous habite tous, mais plus particulièrement à cet âge. «A défaut d'être grand dans la réussite, je peux toujours être grand dans l'échec.»

Dans le même ordre d'idée, que pensez-vous des défis imbéciles et masochistes que se lancent de plus en plus d'ados, sur le modèle de l'émission américaine Jackass: dévaler une pente à bord d'un Caddie, s'agrafer les testicules…

C'est la même logique. Quand on joue à se faire mal, on gagne à tous les coups! Et, comme il n'y a plus de limites, les adultes laissent les adolescents aller aussi loin qu'ils veulent. C'est une forme d'abandon, et même de maltraitance. On ne laisse pas ceux qu'on aime s'abîmer ou être humiliés.

Comment faire comprendre cela à un ado révolté?

Il ne faut justement pas essayer de le lui faire comprendre - l'adolescent ne supporte pas que les adultes aient l'air de mieux savoir que lui ce qui lui arrive - mais lui donner envie de sortir de l'impasse. Voilà pourquoi il est si important que les parents aient, eux aussi, une vision positive de l'avenir. Ils doivent comprendre que l'hostilité de leur adolescent reflète un attachement profond dont il croit se délivrer par ce qui est vraiment inacceptable pour les parents : qu'il se fasse du mal.

Et si même la solution de la séparation ne suffit pas?

Il faut se tourner vers un tiers : quelqu'un de la famille, un ami, ou un thérapeute si le problème persiste. Lorsqu'un adolescent refuse d'aller consulter, il faut savoir qu'il teste la volonté réelle de ses parents de régler le problème hors du cercle familial. Souvent, les adultes envoient un message implicite: «Tu ne vas pas nous trahir, nous allons régler les choses en famille.» Ils demandent à leur enfant de les conforter dans l'idée qu'ils sont de bons parents.
Les adolescents ne sont pas là pour remonter le moral des adultes!

Depuis quelques années, on parle beaucoup des «préados». Cette catégorie existe-elle vraiment?

C'est une invention des marques et des médias, qui peut se révéler très dangereuse : les petites filles ont le temps de jouer aux lolitas! Respectons leur enfance.
La télévision a une grande responsabilité. Par l'écran, le monde des adultes fait brutalement effraction dans celui de l'enfant. Ce peut être un traumatisme, et, donc, une forme d'abus. L'interdit, même s'il est transgressé, a une fonction de protection. L'intrusion du côté sordide, de la dérision, de l'excès d'excitation du monde des adultes dans l'univers des enfants est une forme de viol. Elle menace les capacités de tendresse et de confiance.
Tout comme l'exhibition des adolescents souffrants. Après chaque fait divers un peu spectaculaire mettant en scène un adolescent, les médias nous appellent en nous demandant de leur trouver un jeune qui va mal.
Nos patients sont souvent ravis de se montrer. «J'existe, parce qu'on me voit», pensent-ils. Mais c'est un piège: certaines anorexiques se sont suicidées après avoir été placées sous le feu des projecteurs. Notre rôle de thérapeutes consiste à protéger leur intimité.

Que se passe-t-il dans la tête des adolescents qui s'étourdissent d'alcool, de vitesse et de cannabis?

Ils tentent de maîtriser leur peur intérieure, parfois de se prouver qu'ils sont plus forts que le destin. Dans tous les cas, ils ont l'illusion d'être leur propre maître, alors que, comme le taureau dans l'arène, ils sont prisonniers des émotions suscitées par l'environnement.

8,7% des jeunes âgés de 10 à 19 ans ont déjà pris un psychotrope sur ordonnance, d'après la Caisse nationale d'assurance-maladie. Les adolescents sont-ils surmédicalisés?

La tendance existe, et il est à craindre qu'elle ne fasse que s'accentuer. Les médecins généralistes n'ont ni le temps ni la formation pour répondre aux angoisses des adolescents et de leurs parents. Le médicament demeure la solution la plus facile et la plus rapide.
En outre, les praticiens ont trop tendance à prescrire des tranquillisants, qui favorisent une certaine dépendance, plutôt que des antidépresseurs et des régulateurs de l'humeur, ou même des neuroleptiques.
Les adolescents acceptent plus facilement les tranquillisants que les autres psychotropes, qui leur font peur. Je vois des jeunes «accros» au haschisch refuser un psychotrope sous prétexte du risque de dépendance!

Les groupes préparatoires à la Conférence sur la famille ont fait une série de propositions en vue d'améliorer l'accompagnement de l'adolescence. A votre sens, lesquelles faudrait-il retenir?

L'examen de prévention effectué aux âges charnières - 12 ans et 14-15 ans - par un médecin et consigné sur le carnet de santé me semble une très bonne idée. Sans dramatiser, il faut mettre en place des clignotants et un suivi de l'enfant afin d'éviter son enfermement dans l'échec.
L'école est bien placée pour détecter les enfants qui se marginalisent. Les professionnels, notamment les enseignants, doivent aussi être mieux informés sur la spécificité de l'adolescence.
Le but n'est pas de provoquer une confrontation brutale - «Je t'oblige à faire ceci» - mais de marquer un arrêt pour dire : «Là, ça ne va pas, nous allons trouver des solutions.» Seulement, pour avoir l'autorité nécessaire, il faut en comprendre le sens.

Que pensez-vous des maisons de l'adolescence que le gouvernement souhaite développer?

Les secteurs hospitaliers de pédopsychiatrie font déjà beaucoup, mais, comme ils ne pratiquent pas le lobbying, on n'en parle pas! Ouvrir des maisons spécialisées est une chance. Cependant, il faut du personnel qualifié pour les faire fonctionner et pouvoir répondre à la demande en assurant le suivi indispensable. La relation avec les parents est souvent trop chargée d'attente et d'émotion. Il faut introduire des liens: éducateurs, soignants, mais aussi des lieux relais où s'associent les études, l'éducatif et le soin.
Il paraît de plus en plus indispensable de développer la collaboration entre les différents professionnels de l'adolescence. C'est dans ce dessein que j'ai mis en route depuis deux ans une formation universitaire consacrée à l'adolescence difficile à Paris VI. Ce module s'adresse aux professionnels de l'Education nationale, de la santé, de la justice, de la police et de la gendarmerie.

Quand cesse-t-on d'être un ado?

Naguère, l'entrée dans la vie professionnelle et le mariage marquaient le passage à l'âge adulte. C'était au fond devenir raisonnable et renoncer à rêver sa vie. Aujourd'hui, les jeunes générations ne reproduisent plus le mode de vie de leurs parents. La relativisation des valeurs et des normes sociales libère l'individu, mais, ce faisant, met davantage en évidence sa vulnérabilité.
J'y vois la raison principale de l'accroissement des troubles dits «narcissiques». Le risque de cette liberté est de confronter chacun à ses contradictions et à ce qu'on a appelé la «tyrannie du choix».
Sous l'apparente anarchie des comportements, c'est la contrainte qui peut imposer sa loi : contrainte des ruptures successives et des passages à l'acte ; contrainte du moi pris entre l'angoisse d'abandon et celle de l'intrusion ; contrainte d'un nouveau conformisme social aussi : aujourd'hui, faire partie de la communauté des adultes consiste à se lancer dans la course folle aux apparences, à exister dans la recherche d'une excitation constante au détriment du contenu de ce après quoi on court.
Être adulte n'est pas un état statique, mais un mode de fonctionnement psychique qui permet de faire face à la réalité, tout en étant capable d'accueillir ce qui demeure en nous de l'enfant qu'on a été. Sans se sentir menacé ni débordé.

_________________
A votre écoute

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Adolescence et Prévention :: Commentaires

Message le Sam 18 Jan - 11:31  SNIPPER02

Présentation
Cet article est la transcription d'une conférence du Père D. SONET, prêtre qui a consacré une large part de son temps aux adolescents et aux problèmes familiaux.
Introduction
Cet article n'a pas pour but de culpabiliser les parents : certains éducateurs, psychologues, sociologues ne l'ont que trop fait dans les années dernières. Non. ! Il voudrait positivement aider les parents à améliorer, leurs relations avec leurs enfants. Il est important toutefois que chaque parent avant de lire ces lignes, se pose loyalement quelques petites questions préalables, même si elles lui apparaissent un brin désagréables :

Mes enfants, je les ai voulus POUR EUX ou POUR MOI ?

Suis-je pessimiste ou optimiste ? Suis-je ravi de vivre au XX° siècle ? (N'y a-t-il pas parfois des parents d'aujourd'hui qui visiblement étaient faits pour le XVII° siècle ?)

L'éducation qui fut la mienne a-t-elle été sévère ou libérale ? Si j'ai eu à souffrir d'une éducation sévère, je serai tenté en effet ou bien de laisser tout faire pour que mes enfants ne connaissent pas ce que j'ai connu... ou bien à l'inverse d'être sévère à mon tour, sous prétexte que « ça nous a réussi quand même ».

Suis-je assez convaincu que la difficulté que j'ai de comprendre mes enfants vient de ce que je LES AIME TROP ? En effet, parce que je les aime trop, qu'ils sont mes trésors, j'ai envie de les surprotéger comme on fait de ses richesses.
Parce que je les aime trop, je les voudrais parfaits, sans défaut et surtout pas avec mes propres défauts. Quand on voit chez ses enfants des défauts, on ne peut pas toujours se dire qu'ils ressemblent à quelqu'un de la belle-famille, force est de reconnaître que c'est à soi qu'ils ressemblent, et c'est un miroir désagréable : « ma fille et moi, on se dispute toujours, vous comprenez, on est les deux mêmes ! »
Parce que je les aime trop, je voudrais qu'ils soient ce que j'ai été, et en plus ce que j'aurais voulu être. Ce qui fait tout de même beaucoup.

Qu'est-ce qui m'irrite vraiment quand je ne supporte pas l'agressivité de mon enfant ?

(pour les pères) Pourquoi je tiens tant à certaines de mes petites idées ? Est-ce que je défends l'essentiel ou le secondaire ? (ex: les longs cheveux du garçon).
Ceci dit, soyons constructifs : quelles attitudes permettront-elles de transformer positivement les relations parents-enfants ? En premier, la COMPRÉHENSION.

1 - La compréhension
Dire qu'il faut comprendre les jeunes d'aujourd'hui n'est pas une inutile lapalissade : a-t-on réalisé la différence formidable qui existe entre la génération des parents et celle des enfants ? La génération qui monte a respiré un air différent : elle est la génération de Concorde, de l'Informatique, de la Pilule. Même s'il n'y a pas qu'une jeunesse, il est possible de repérer quelques grandes caractéristiques qui permettent de mieux comprendre :

1 - IL S'AGIT D'UNE JEUNESSE PROLONGÉE DANS LA JEUNESSE ET L'IRRESPONSABILITÉ.

Pubère plus tôt qu'autrefois, le jeune attend plus longtemps pour entrer dans la vie active (études prolongées, chômage). Beaucoup plus mûr qu'autrefois au niveau des connaissances (les questions posées par les élèves de 6e sur la sexualité sont identiques à celles des terminales d'il y a 10 ans), le jeune d'aujourd'hui est moins sûr en fait, car il n'a pas confronté ses connaissances avec la dureté du réel. II peut rêver à 18 ans d'une société idyllique, il n'a pas connu les difficiles débuts au travail de l'apprenti de 14 ans de 1930. Il se forme en enfournant des connaissances, sans grande possibilité de créativité. Quel conseil municipal demanderait aux jeunes de participer activement à la vie du bourg ? Le Père SIX a écrit: « Ils campent aux portes de la Cité » .

2 - IL S'AGIT AUSSI D'UNE JEUNESSE QUI A ÉTÉ GÀTÉE :

La grande majorité des enfants de France a profité en premier des « bienfaits » de la société de consommation. On leur a donné TOUT et TOUT DE SUITE. On a ainsi fabriqué parfois des insatiables ou des repus. On a tué souvent le plaisir en satisfaisant trop rapidement un désir : le jeune peut avoir aujourd'hui, grâce à sa chaîne Hi-fi, l'orchestre philharmonique de Berlin chez lui ; grâce à la T.V., il assiste sans étonnement à tous les événements du globe ; il peut connaître « tous les chefs-d'oeuvre qu'il y a dans le monde » (Malraux)... et pourtant, il lui arrive de dire « bof »... Les parents se plaignent d'autre part, qu'il ne fait pas d'efforts... qu'il prend sa bicyclette pour aller chercher « un paquet de cigarettes au coin de la rue ». Mais ne fait-il pas partie d'une société qui fuit tout effort et invente le moindre gadget pour économiser la moindre fatigue ?

3 - UNE JEUNESSE AUSSI DONT L'AVENIR EST BOUCHÉ :

Et ceci est dramatique. Aujourd'hui les jeunes font des études sans savoir s'ils pourront pratiquer le métier qu'ils aimeraient... « A quoi bon travailler au lycée ; puisque de toute façon on sera chômeur » disait un jeune qui justifiait ainsi facilement son désintérêt affiché pour les études. Les jeunes n'ont plus de « carottes »... pour dynamiser leur vie. « Un-beau-métier-qui-gagne-de-l'argent » n'étant plus un idéal possible, il eût fallu que les éducateurs et les parents aient su proposer un objectif enthousiasmant à leurs efforts de jeunes : les causes passionnantes ne manquent pourtant pas dans notre monde.

4 - UNE JEUNESSE SANS POINTS DE REPÈRE :

Sans gourous, sans points fixes, sans normes, sans certitudes. Elle a été élevée dans les carrefours : tout se dit, tout s'écrit ; tout s'étale. II y a prolifération de modèles sans qu'on sache ce qui est bien, ce qui est mal.
Ainsi, alors qu'autrefois en matière de sexualité, il n'y avait dans les villages que deux modèles (mariage et célibat), aujourd'hui différentes formules sont proposées : union libre, mariage à l'essai, union homosexuelle, mariages de groupes, etc. La vie des vedettes devient une mine d'exemples discutables.
En dépit de ce besoin d'éclairage, le jeune ne rencontre pas facilement des adultes qui osent affronter ce monde des jeunes pour l'aider à réfléchir. Il y a pénurie d'éducateurs pour les 16-20 ans. Il y a souvent démission des parents dépassés.

5 - UNE JEUNESSE QUI A FAIM DE PARTAGE, DE DIALOGUE, DE TENDRESSE :

La « rencontre » est importante pour eux. On sait ce que ce mot « les copains » a de merveilleux et de formidable. Hélas, cette soif de dialogue n'est pas ordinairement satisfaite dans la famille: « On ne peut pas parler avec mon père »... « Je sais parfaitement ce qu'il va me répondre », « Ma mère n'écoute rien ». Quant à la soif de tendresse, elle s'exprime aussi fortement : « Mon Père ne m'a jamais dit qu'il m'aimait », « Ma mère ne m'a jamais embrassé », « Ma mère a toujours dit qu'elle ne m'avait jamais voulu » ... On comprend dès lors que ce besoin de communication soit recherché ailleurs : dans les bandes, les voyages, les vacances, quand ce n'est pas dans les groupes où la drogue est censée faciliter le partage. On comprend que la solitude des campus universitaires entraîne la création rapide de couples avides de chaleur et d'échanges.

6 - UNE JEUNESSE CRITIQUE ET SINCÈRE :

Une jeunesse qui a horreur de l'hypocrisie... et qui fait sienne la critique que les médias font de la culture rapidement taxée de « répressive », de « judéo-chrétienne » ou de « bourgeoise ».

ET LES PARENTS ? N'EST-IL PAS JUSTE AUSSI DE LES COMPRENDRE ?

C'est qu'en effet il n'est pas aisé d'être parent aujourd'hui. Les parents d'aujourd'hui sont souvent INQUIETS : « Avec les idées qu'a ma fille, que va-t-elle donner ? » ... dit un parent qui ajoute, désabusé : « On l'avait pourtant mise dans une bonne école ! ».

Les parents d'aujourd'hui se sentent aussi COUPABLES : N'est-ce pas de leur faute si leurs enfants ont délaissé les valeurs familiales ? N'ont-ils pas souvent l'impression d'avoir tout raté en éducation ?

De coupables, ils deviennent parfois ACCUSATEURS : Ils s'en prennent aux médias (« Ah ! Cette télévision ! ») (N'empêche qu'on y envoie les gosses ! les enseignants connaissent bien le faible niveau d'écoute des élèves le lundi matin). Ils s'en prennent aussi aux éducateurs : « L'École n'est plus ce qu'elle était... Ah ! Quand il y avait des religieuses ! ». Ils s'en prennent aux aumôniers de lycée (« des gauchistes ! »), aux prêtres « qui ne s'occupent plus des jeunes »... Le plus grave, c'est lorsque l'un des conjoints s'en prend à l'autre : « Si tu t'étais montré un homme, dit la femme à son mari... un vertébré montrant un peu d'autorité »... et l'homme de répondre: « Si tu m'avais laissé faire ! ».

Les parents sont PERDUS... Ils ne savent souvent plus eux-mêmes, par exemple, si, après tout, la cohabitation de leurs enfants n'est pas une bonne formule avant l'engagement.

Non, il n'est pas facile d'être parent aujourd'hui ! D'autant plus qu'il n'y a plus de familles protégées. Personne ne peut être assuré qu'il n'aura pas pour l'un de ses enfants, une déception cruelle. C'est que les enfants sont aussi les enfants d'un environnement, d'une société. On comprend dès lors, que certains se crispent dans un autoritarisme dépassé, surprotégeant farouchement leurs descendants, tandis que beaucoup d'autres démissionnent et baissent les bras: « Après tout, qu'il fasse ce qu'il voudra... que je n'en entende plus parler ! ».
2 - La sérénité
DANGEREUSE ANXIÉTÉ :

Et voici bien la difficulté majeure : même s'il est compréhensible que les parents soient soucieux de l'avenir de leurs enfants, il est pourtant absolument nécessaire de bannir de l'éducation toute anxiété. Seuls les parents capables de sérénité seront demain éducateurs.

C'est qu'en effet la peur est mauvaise conseillère. Les parents qui ont peur, ont tendance à surprotéger : ils édifient autour de leurs rejetons d'imposantes barrières de protection, si bien que les enfants qui ont un peu de personnalité n'ont qu'un désir : s'empresser de les sauter. Les parents qui ont peur, finissent encore par rendre le mal fascinant : à force de dire aux jeunes ce qu'il ne faut pas faire, ils finissent par rendre attirant le défendu...

Les parents qui ont peur surtout, disent (sans le dire), par cette seule anxiété, qu'ils estiment leurs enfants incapables... voire minables. C'est un peu comme s'ils disaient à leur enfant : « Tu comprends, étant donné ce que tu es, j'ai peur »... tandis que la sérénité dit (sans le dire) : « C'est vrai que le monde ambiant n'est pas facile, mais, moi, ta mère, je n'ai pas peur car j'ai confiance en toi... je sais que tu es formidable et que tu ne tomberas pas dans le premier piège ». La peur fragilise l'enfant ; la sérénité le fortifie.

OR LA SÉRÉNITÉ N'EST PAS TOUJOURS AU RENDEZ-VOUS :

On ne peut pas dire que la sérénité est tellement fréquemment rencontrée dans les familles françaises. Il suffit d'écouter quelques phrases de bambins, rapportées dans le livre « Chers Parents » d'Ormezzano :

« Les grandes personnes nous esquintent les oreilles... elles font tout le temps la grosse voix, elles « gueulent », elles râlent pour un rien, elles rouspètent pour un rien » (p. 189).*
« Tu sais, maman, quand les gens te voient comme ça, jeune et jolie, certainement ils n'imaginent pas comment tu as l'air quand tu cries » (petite fille de 8 ans 1/2) (p. 191).
« Le petit frère mécontent crie après la petite soeur qui lui a pris un jouet. La maman crie, après le petit frère. Le papa crie après la maman. Le chien aboie. Le grand-père ne dit rien : il n'a plus de voix » (Noémi, 8 ans 1/2) (p. 192).
IL Y A POURTANT DES RAISONS D'ESPÉRER.:

• Et d'abord le FAIT QUE LES ENFANTS AIMENT LEURS PARENTS : Oui, tous les sondages faits en France depuis 1960 montrent que les enfants ne changeraient pas de parents. Dans la grande majorité, ils estiment ceux qu'ils ont. Ainsi un sondage IFOP auprès des 13-16 ans obtient des réponses singulièrement encourageantes : On avait demandé aux jeunes :

Vos parents sont-ils :
OUI
NON
courageux ?
96%
2 %
gais ?
84%
10 %
gentils ?
89%
2 %
intelligents ?
81%
6 %
ouverts ?
73%
17%
sévères ?
19%
75%
vieux jeu ?
19%
69%
radins ?
7 %
90 %
bourgeois ?
15%
74%
calmes ? (le plus mauvais résultat!)
60%
32%

Ainsi les parents ont beaucoup plus d'influence qu'ils ne le supposent. L'influence première la plus prégnante reste celle de la famille : et c'est bien pour cette raison que certains qui veulent déstabiliser la société commencent par déstabiliser la famille.

• La Jeunesse d'aujourd'hui n'est pas pire que celle de toujours : Il suffit de lire ce qu'écrivaient des Sages d'autrefois sur la jeunesse de leur temps pour en être convaincu !

« Notre jeunesse aime le luxe ; elle est mal élevée, elle se moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour les anciens... ils ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans la pièce, ils répondent à leurs parents.. » (Socrate : 470-399 av. J.-C.).

« Je n'ai plus aucun espoir dans l'avenir de notre pays si la jeunesse d'aujourd'hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, terrible » (Hésiode, 720 av. J.-C.).

« Notre monde a atteint un stade critique. Les enfants n'écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut être loin » (un -prêtre Égyptien, 2 000 av. J.-C.).

• Dans une société de consommation qui l'agresse (violence, sexe, facilité), la Jeunesse tient bon... La société contemporaine permissive n'a pas corrompu notre jeunesse. Certes, elle a abîmé les pauvres gosses : ceux qui ont manqué affectivement, culturellement, ceux qui ont des carences mentales (un film comme « Orange mécanique » a pu entraîner des meurtres d'adolescents insuffisamment structurés mentalement). Dans les courants d'air, les robustes, les normaux seuls tiennent le coup.
La grande majorité des jeunes est peut-être moins influencée par l'ambiance moderne que les adultes : ceux qui remplissent les salles de cinémas-pornos, ce sont les vieux « qui se rattrapent ». Certes, les jeunes s'y glissent une fois ou l'autre... par curiosité, pour dire à la sortie : « c'est idiot ».

• Les Jeunes ont des valeurs... Souvent les mêmes que celles des parents même s'ils les vivent autrement. C'est par exemple au nom de la loyauté qu'on leur a apprise qu'ils refuseront de se marier à l'Église, à une période de leur vie où leur foi leur semble non assurée. Les valeurs de sincérité, d'authenticité, de lucidité, de réalisme, de justice, de communauté, d'ouverture au nouveau. irriguent leur vie positivement.

• Le Temps arrange bien des choses... Si les parents acceptent patiemment la longueur des cheminements, ils verront que finalement les turbulences d'une adolescence ou d'une jeunesse n'entament pas si vite le capital moral donné par la famille dans les premières années.
3 - La capacité de dialogue
La photo d'une famille à table a été présentée à des jeunes de 13-16 ans et une question leur a été posée : « A votre avis que disent les parents à leurs enfants sur cette photo ? »

44 % ont répondu : Les parents sont en train de leur faire la morale et de leur reprocher leur mauvaise tenue.
29% : Les parents demandent comment s'est passée la journée.
15% : Les parents sont mécontents que les enfants ne parlent pas assez.
12% : Les parents demandent si les enfants veulent bien se décider à manger.
C'est ainsi que la table de famille qui devrait être le lieu « habituel de communication » est ressentie comme un espace d'affrontements, de propos moralisants ou de banalité.

Mais c'est vrai que dialoguer, ce n'est pas si facile... Dans l'idéal, elle pourrait avantageusement comporter 5 temps :

1 - L'ACCUEIL ou la « MODÉRATION DU PLEXUS » :

« Maman, j'ai quelque chose de grave à te dire... euh... » ...Si une fille de 17 ans dit cette phrase à sa mère, comme il est difficile pour cette dernière de ne pas fantasmer aussitôt: « elle est enceinte »:.. ou « elle va être renvoyée de l'école »... Quand on est concerné et qu'on aime ses enfants, comment ne pas bondir aussitôt !

La crainte ici aussi est mauvaise conseillère : on dit rapidement : NON à une demande qu'on n'a pas pris suffisamment le temps d'étudier. On dira un spontané: « C'est affreux » à la fille dont on apprend qu'elle vit à Paris maritalement avec un divorcé, alors que la fille pense au contraire que « c'est délicieux ».

Prenons un exempte qui illustrera les 5 temps du dialogue : Imaginons qu'une jeune fille crie en provocation : « Je suis pour l'union libre »... Si on ne modère pas son plexus, on pourra répondre du tac au tac: « Que les garçons soient pour l'union libre, on peut encore un peu le comprendre, mais les filles quels avantages peuvent-elles en tirer ? A 40 ans, elles ont un gars qui a 45 ans, des tempes argentées, une stabilité sociale : il peut, sans effort trouver une fille de 25 ans, tandis que la femme de 40 ans ne verra pas beaucoup de gigolos de 30 ans se battre pour la prendre, surtout si elle a deux enfants à charge »... Réponse facile qui peut « clouer le bec » un moment... Mais qui incitera, par la suite, le jeune à chercher une réponse, car il n'aime pas ne pas avoir le dernier mot..

Ne vaudrait-il pas mieux... se contenter de bloquer son émotion... de dire à son plexus : « du calme »... et de passer alors au 2e temps du dialogue : L'Écoute ?

2 - L'ÉCOUTE :

Dans le passé, on aimait répéter que les enfants devaient écouter les parents. Ce mot écouter, ayant pris le sens d'obéir. Aujourd'hui il importe de bien réaliser que c'est aux parents d'écouter leurs enfants. Il y a en effet un tel décalage entre leur mentalité et celle des parents, entre leurs conceptions et celles des parents, entre leur vocabulaire même et le vocabulaire parental qu'il y a intérêt évident pour les parents à écouter d'abord pour savoir ce qu'ils veulent dire : Sinon, la réponse qu'ils pourront faire ne sera pas ajustée : cataplasme sur des jambes de bois, rustine à côté du trou.

Mais écouter ce n'est pas se taire : c'est montrer à l'enfant qu'on a enregistré parfaitement et ce qu'il a dit et ce qu'il a ressenti. Ce qui exige pratiquement que soit faite à l'enfant une reformulation et de ses paroles et du sentiment qui se cache souvent derrière.
Il importe en effet de décoder ce qui est dit par l'enfant : si l'enfant crie en rentrant de l'école : « les prof. sont tous des dingues »... on pourra certes lui faire un cours de morale... on ferait mieux de décoder, sous l'agressivité, la présence d'une souffrance.
Que de fois l'agressivité du père répond à l'agressivité du fils : une modération du plexus et une reformulation auraient permis de comprendre que, chez l'adolescent, l'agressivité n'est pas méchanceté, mais peur ou souffrance. S'il s'écrie à table que la viande est immangeable, peut-être a-t-il une difficulté à un autre plan !
De même il faut se garder des jugements hâtifs avec les petits enfants : que de mamans au. lieu d'écouter distribuent à longueur de journées des « C'est bien », « C'est mal »; des « Fais-ci » - « Fais-pas ça ».

Mais qu'il est donc difficile d'écouter, quand on est trop impliqué par les problèmes ou trop soucieux d'efficacité.

Si nous reprenons l'exemple cité plus haut, au lieu de faire une réponse rapide et percutante à la jeune fille qui se dit pour l'union libre, peut-être aurait-on dû plus heureusement lui renvoyer sa phrase : « Si j'essaie de te comprendre, tu penses que la formule la plus heureuse en matière de sexualité, c'est l'union libre. » Renvoi qui aura peut-être alors le mérite d'amener la fille à préciser sa pensée : « Oui... parce que je connais des gens qui sont mariés et qui ne s'aiment pas... et je connais des jeunes qui ne sont pas mariés et qui s'aiment ! » En se gardant d'une réponse immédiate, on obtient ainsi une précision de la pensée du jeune... une réponse plus adaptée deviendra possible...

3 - EXPLICITATION DU POSITIF :

Trop souvent quand un enfant parle, le parent n'écoute vraiment dans son discours, que ce qui n'est pas juste ou parfait. N'est-il pas un éducateur, à l'affût de la moindre erreur, pour remettre son fils sur les rails du bien ?
L'ennui, c'est qu'il n'entend ainsi qu'une partie du discours, la négative, et que l'enfant évidemment ne se sent pas compris. Dans tout discours, il y a du positif (y compris dans la demande d'une sortie à une boum !). Il importe que le parent « sorte » ce positif et montre à l'enfant qu'il l'a parfaitement perçu. Ainsi dans l'exemple à propos de l'union libre, il pouvait être répondu à cette fille: « Tu dis que l'amour sans le mariage est supérieur au mariage sans l'amour... je pense comme toi que l'amour est la valeur fondamentale au service de laquelle se situe le mariage... »

4 - APPLICATION A SOI DE CE POSITIF :

Si ce que dit un jeune est positif, il n'y a pas de raison que les parents, LES PREMIERS, montrent quelle conclusion ils peuvent en tirer pour leur propre vie. Dans une vraie relation, il n'y a pas qu'un partenaire qui est modifié... Pourquoi après tout, les parents ne se laisseraient pas interroger, les premiers, par ce que perçoivent les jeunes. Combien de discours parentaux gagneraient à commencer par ces mots : « En t'écoutant, je comprends mieux que moi-même, je devrais dans ma vie... »

Ainsi dans l'exemple choisi, on pourrait dire à la jeune fille: « En t'écoutant, je m'interroge sur notre propre amour... oui, je comprends qu'avant de juger les jeunes vivant en cohabitation, je dois me demander si le couple que je vis est un exemple d'amour.. ».

5 - L'EXPRESSION DE SON RESSENTI :

Malheur aux parents-édredons qui se contentent d'écouter alors que les jeunes veulent rencontrer aussi des parents qui ont une pensée, qui savent au besoin s'opposer, ne fût-ce que pour aider l'enfant à structurer ses désirs.

S'il a écouté le jeune par exempte, il pourra lui dire « j'ai écouté ce que tu m'as dit au point d'en avoir modifié mon propre comportement, je vais te dire ce que je pense : tu seras assez simple et perspicace pour repérer dans ce que je vais te dire maintenant ce qui te semblera digne d'être retenu ».

Et si nous revenons à l'exemple choisi (de l'union libre) on ajoutera: « Si je pense comme toi que l'amour-sans-mariage est supérieur au mariage-sans-l'amour, je pense par contre que l'amour-plus-le-mariage est supérieur à l'amour-sans-le mariage... je pense en effet que le mariage est au service de l'amour pour lui apporter ce qu'il réclame : la fête et la protection... Le mariage est à l'amour ce que le cadre est au tableau. On peut à la rigueur avoir un tableau sans cadre, mais un cadre sans tableau ? ! (un mariage sans amour) !. Par contre, si on a un beau tableau, on voudra un beau cadre pour le mettre, en valeur et pour le protéger. L'amour mérite ainsi d'être mis en valeur, célébré, chanté, prié... il mérite aussi d'être soutenu : ce que fait l'institution dans les moments difficiles, en prévision des retours de flamme ».

REMARQUE

Dans le cas des enfants jeunes encore, il y aura souvent aussi une 6e phase, un 6e temps : le Temps de la Décision. Il est sûr que les parents doivent donner des permissions ou les refuser. Encore faut-il qu'ils ne se hâtent pas trop vite de dire : Non, en scotomisant les 5 temps du dialogue... !

Ainsi, après ces 5 phases, les parents pourront dire à l'enfant : ou

Un OUI « franc et massif ».
Un OUI SI : en mettant des conditions à leur acceptation.
Un OUI et NON : d'accord pour ceci, pas d'accord pour cela.
Un NON FERME s'il est EXPLIQUÉ... et s'ils savent qu'ils seront obéis en fait ! Ce sera un NON-PARCE QUE.
Un « PAS D'ACCORD, MAIS TU ES LIBRE », s'ils désapprouvent mais qu'ils savent qu'ils ne seront pas obéis. Ceci, pour renvoyer l'enfant à sa responsabilité. L'essentiel, en pareil cas, est en effet de ne jamais supprimer la relation.
4 - La disponibilité
Les enfants aiment sentir qu'on s'occupe d'eux... Or, la vie moderne fabriqué des parents pressés et submergés.

UNE ABSENCE SOUVENT REGRETTÉE :

Celle des Pères. Le Père n'est-ce pas d'abord celui qui n'est que peu à la maison parce qu'« il travaille ».

« Mon papa, il, est grand, il travaille... »
« Mon papa est à peu près tout le temps au travail » (8 ans).
« Quand il travaille à l'usine, je ne peux pas le voir... il mange à la cantine... le soir, je peux un peu le voir après 7 heures. » (9 ans).
« Moi, ce qui est embêtant, je trouve, c'est qu'il travaille... » (10 ans).
« Pas moyen de s'amuser un peu avec lui: il travaille... » (10 ans).
« Même en vacances, il se repose peut-être, mais il va quand même au bureau... » (11 ans).
« En vacances, il travaille moins, mais il reste avec son travail dans la tête » (9 ans).
Cette absence en conséquence :

- Ne devra pas être soulignée par la mère : « Votre père n'est pas encore rentré, mais qu'est-ce qu'il fait... ? » Le père doit être rendu présent: « Papa serait heureux d'être rentré... »
- Devra être compensée par des « extras ». Écoutez ce que dit un enfant dont le père était reconnu de tous comme un mauvais éducateur : « Mon papa, il est gentil : il me sort. Un jour, il m'a emmené au cirque et il m'a acheté des nougatines. Il a voulu en goûter, mais comme il ne les aimait pas, je les ai toutes mangées ». (Luc, 8 ans) (rapporté dans Chers Parents p. 79).
Ce père, mauvais éducateur, a eu du moins, une fois, l'idée merveilleuse d'emmener au cirque son enfant... Souvenir inoubliable, qui lui fait dire aujourd'hui : « Mon père est gentil ».

Si les pères souvent absents savaient de temps en temps organiser une soirée de jeux... ou emmener au cinéma l'enfant qui se croit mal aimé, ils feraient très vite oublier ces absences.

L'ABSENCE DES MÈRES est ressentie, plus durement encore :

« J'aimerais mieux que ma maman soit là quand je rentre... parce que s'il nous arrivait quelque chose, elle le saurait, mais enfin, (tant pis, s'il nous arrive quelque chose)... elle ne nous laisserait peut-être plus tout seuls après... » (9 ans).

Ces phrases font réfléchir... Surtout qu'il n'est pas toujours facile pour une mère dans la conjoncture économique actuelle, de faire ce qu'elle aimerait faire... Là encore, dans la nécessité, il importe que la QUALITÉ de la présence supplée à la QUANTITÉ.

5 - La vérité
Tous les parents savent bien qu'il y a des circonstances qui les amènent à mentir devant leurs enfants.
« Tu as dit à la dame qu'elle était belle... alors que tu venais de dire à maman qu'elle était moche... » (8 ans). -
« (au téléphone) Maman me dit de vous dire qu'elle n'est pas là... »
Il va sans dire que ce double message contradictoire n'est pas fait pour aider l'enfant à former sa conscience morale.

Bien plus, aujourd'hui, l'enfant (comme les medias) aime relever les contradictions, les incohérences, la non-congruence des parents. A tel point qu'avec les adolescents, il n'est pas opportun bien souvent que les parents cachent leurs défauts, voire leur mésentente. Peut-être gagneraient-ils souvent à leur parler de leurs propres défauts... à condition toutefois de montrer aussi les efforts qu'ils font pour s'en corriger.
De toutes façons, les parents trop parfaits risquent d'avoir des enfants quelconques, parce qu'ils leur apparaissent inimitables.

6 - L'amour
Bien sûr, on aurait pu commencer par là : toutefois est-ce qu'aimer ne suppose pas en fait tout ce que nous avons dit jusqu'ici... ? Est-ce qu'aimer ses enfants, ce n'est pas s'efforcer d'abord de les comprendre... ? Est-ce qu'aimer ses enfants ce n'est pas aussi leur faire confiance, donc garder la sérénité ? Est-ce surtout qu'aimer les enfants, ce n'est pas d'abord les écouter ?
Écouter, quelqu'un,.. c'est le valoriser, c'est le faire exister : regardez 1a joie débordante de l'enfant de 5 ans qui, à un repas de fête, a fait un mot d'enfant devant la tablée qui s'est esclaffée ! Il existe puisque tout le monde a ri... et c'est pour cette raison qu'il essaie aussitôt (mais en vain) de recommencer.
Heureux les enfants qui ont des parents qui, dans la première partie du repas, savent écouter ce que dit chaque enfant, au point de pouvoir dire en fin de repas ou le lendemain: « comme disait Jean-Marie, on ferait bien de... » : quelle valorisation pour Jean-Marie si sa phrase a été ainsi entendue, enregistrée et utilisée !
Aimer ses enfants c'est vouloir qu'ils existent, c'est les promouvoir, c'est donc d'abord les écouter.

A cet amour nécessaire, faisons trois remarques :

1 - PAS D'AMOUR SANS FERMETÉ :

Si l'enfant a besoin d'amour, il a aussi besoin de sécurité : le petit de l'homme naît démuni. Il aura besoin d'une certaine discipline, de points de repères pour se situer. Mais attention, pas de fermeté sans amour, ce serait de l'autoritarisme.

2 - NE PAS LES AIMER PLUS OU TROP, LES AIMER MIEUX :

La nature a bien fait les choses : quand un enfant naît dans un foyer où l'on s'aime: il est aimé puisqu'il est le fruit de l'amour commun, mais il n'est pas trop aimé parce que les parents s'aiment aussi entre eux... Ce manque qui s'exprime parfois dans une jalousie de l'amour que se portent les parents est utile : l'enfant, seul chaque soir dans son lit, se prépare à aimer un jour son conjoint de demain.
Par contre, dans les foyers brisés, comme il est tentant pour l'un des parents de faire un couple avec l'en¬fant… : ce garçon qui a ainsi sa mère pour lui tout seul, sans frustration, aura du mal à la quitter pour une autre (même à 60 ans !).

3 - PAS D'AMOUR QUI NE SOIT EXPRIMÉ :

A quoi peuvent servir ces tonnes de tendresse qu'il y a dans le coeur des parents et des enfants si cette tendresse n'est pas verbalisée ? Que de doutes sur l'amour d'un père parce qu'une pudeur ou une habitude éducative l'empêchent de dire clairement son amour ! Ceci est d'autant plus grave qu'à l'inverse on laisse parfois s'échapper des phrases néantissantes : « Oh ! celui-là... c'est notre dernier, on n'en voulait pas ! »... Combien de psychothérapies d'adultes font découvrir à l'origine de névroses la phrase malheureuse d'une mère ou d'un père: « Toi, tu es venu trop tôt.. » « Tu n'es bon à rien »... « Tu ne feras jamais rien dans ta vie »... « Un jour, je te laisserai... » ...
Pourquoi donc manquent trop souvent les phrases positives qui crient l'estime, l'amour et la tendresse ? On se souhaite chaque année la bonne année: « Mon fils, Bonne année, bonne santé, que tu aies des bonnes notes cette année » ! « Formalités » disent les jeunes avec raison ! Au lieu de leur préparer des cadeaux époustouflants, pourquoi ne pas essayer de « mitonner » la petite phrase qui est vraie et qui sort du coeur... « Moi, ta mère, je sais combien, cette année tu as été formidable avec tes grands-parents... je l'ai vu... je t'admire et je te dis tout mon amour ».

En conclusion : L'estime de nos enfants
Peut-être en lisant ces lignes, des parents se sentiront culpabilisés... « je n'ai pas fait tout ça »... Qu'ils se disent que leurs parents non plus n'ont pas tout fait, et pourtant ils ne sont pas si mal ! Qu'ils se disent surtout que leurs enfants ont en eux des possibilités incroyables de rattrapage. Le coeur d'un enfant est comme un magnifique jardin riche de mille promesses. Il est comme une caverne d'Ali Baba riche de trésors, de pierres précieuses et de rivières de diamants.
Les éduquer en définitive, c'est moins leur apporter ce qui leur manquerait que les aider â développer ce qui pousse en eux, leur révéler les valeurs qu'ils portent et qui apparaissent à tout instant.

Parents qui croyez avoir raté votre éducation, rassurez-vous... la Vie les éduquera... Et si la vie n'y parvenait pas, ce sont leurs propres enfants qui le feront : Sûr !

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